Critiques et reviews, Musique

Thanksgivingmusic

Cher lecteur bonjour ! Avant de retrouver mon bilan 2014 qui sera publié dans les semaines à venir, j’ai tenu à te parler de trois des disques de novembre. 

BretonWar Room Stories (Deluxe Edition)

War Room Stories, le 2ème album de Breton, était déja un disque de haut niveau, un bijou : 10 titres fabuleux, où le rock et l’électronique fusionnent savamment, où les cinq membres et leurs instruments respectifs se complètent avec harmonie,  portés par la voix du talentueux Roman Rappak. Pour cette réédition, ce n’est plus 10 mais 21 titres qui composent War Room Stories. Plus underground et électronique, beaucoup moins pop (à l’exception de l’efficace Titan), ou la musique fait de l’ombre au chant (ce dernier étant inexistant sur Port Of Call) : ces titres bonus, dans l’esprit de Got Well Soon et autres S4 mais également du 1er opus Other People’s Problems, s’ancrent parfaitement avec l’album initial, un disque savant plein de bon sens. Il est rare que des titres bonus prennent une place aussi importante dans un album ! Note : 4,5/5

Mr. OizoThe Church

Jongler entre sa carrière de réalisateur et celle de musicien, Quentin Dupieux sait faire. Car même si son dernier album Stade 2 date d’il y a 3 ans, Mr.Oizo a pris le soin de nous faire partager deux EPs, Stade 3 et Amicalement, entre deux sorties de films, et ce gratuitement sur son site oizo3000.com.

Et puis là, début novembre, il nous lâche son album en streaming, sympa. On note au passage que le monsieur est maintenant signé chez Brainfeeder, le label de Flying Lotus. La pochette pourrait être désignée comme étant « WTF Arty », et la tracklist est simple et idiote, les titres font sourire (DestopiSoap …). Du 1er titre Bear Biscuit au dernier, The Church (une messe déglinguée façon Oizo aux messages directs, à se demander dans quelle église il va), on sent que Mr. Oizo est resté fidèle à lui-même : la musique est sombre, angoissante, inquiétante. Des beats gras, comme sur Ham, explosent dans tous les sens, le rythme est saccadé, comme sur le jazzy/groovy iSoap, toujours avec ce côté amateur travaillé : en matière de musique, Quentin Dupieux est un bricoleur professionnel. Car n’en déplaise à certains, il fait bel et bien de la musique, de la vraie, et The Church en est la preuve : chaque son est minutieusement étudié, travaillé puis interprété. Un nouvel opus un peu court (il dure en tout 29 minutes), qui fait le lien entre Lambs Anger et Stade 2, et qui rattrape complètement la légère déception qu’avait suscité ce dernier.

Note : 4/5. The Church, hein ? Un album qui va en retourner plus d’un, et pas uniquement les gens de l’église !

Azealia BanksBroke With Expensive Taste

On n’y croyait plus. On ne l’attendait même plus. Mais voila que Broke With Expensive Taste, le 1er album d’Azealia Banks dont la sortie initiale était prévue pour 2012, est enfin là. Et c’était pas gagné.

Fin 2011-début 2012, souvenez-vous, Azealia Banks, la gamine d’Harlem débarque avec son titre 212, énérgique, efficace et aux punchlines presque cultes telles que « I guess that cunt’s gettin eaten ». En peu de temps, la chanson fera le tour du web : le phénomène Azealia Banks est en marche. Et comme on ne stoppe pas un train en pleine course, la miss sort quelques mois plus tard l’EP 4 titres 1991. La encore rien à redire, le bon son est au rendez-vous. Sauf qu’à côté il y a un certain nombre de concurrentes, dont certaines, comme Iggy Azalea et Angel Haze, font partie de ses ennemies. Faut dire qu’Azealia elle n’aime pas grand monde, puisqu’elle s’est pris le chou avec Baauer, A$AP Nast, Nicki Minaj, Lily Allen, Pharrell (avec qui elle a collaboré sur le décevant ATM Jam) et plus récemment T.I. Du coup, pendant qu’elle préfère tacler ses confrères (qui sortent tour à tour leurs albums respectifs) plutôt que de faire de la musique, Azealia Banks commence à se faire oublier.

Elle a quand même sorti une mixtape pas dégueu, Fantasea, et a travaillé avec Fafi sur le clip d’Atlantis. Sauf que la poignée de titres dévoilés par la suite, comme ATM Jam et Yung Rapunxel, sont franchement médiocres et laissent à désirer : on est loin de la bombe 212. C’est alors que cet été, elle monte son propre label et lâche le clip de Heavy Metal & Reflective : le nom claque, le clip a de la gueule et le morceau est pas mal, bien que le rap d’Azealia n’est pas démentiel, la boucle électro est assez sympa et c’est meilleur que ce qu’elle nous a proposé auparavant.

Nous sommes donc en novembre, et Azealia a enfin sorti son 1er album, sans promo ni annonce, à la manière de Beyoncé. Il comprend 16 titres, on en connaît déja quelques uns (dont BBD, Yung Rapunxel, et l’inévitable 212, entre autres). Parlons d’abord du visuel (parce que oui, ça compte !) : la pochette est classe, sobre, raffinée. On y voit les fines gambettes d’Azealia, en tutu et ballerines de danseuse, avec comme fond une partition en noir et doré.

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L’album, lui, tient à moitié ses promesses : c’est dans l’ensemble un disque pas très mauvais, qui puise son inspiration dans divers styles de musiques très opposés, de la musique latino sur Gimme A Chance, à ce que j’appelle de la musique « de café » ou d’ambiance si vous préférez sur le très New-Yorkais Desperado, en passant par ce qui s’apparente à de la mauvaise house music sur Ice Princess, Yung Rapunxel et Chasing Time. On a également le droit à un titre un peu débile qui aurait pu figurer sur une B.O. de comédie musicale, Nude Beach A Go-Go, et a un featuting bien placé de Theophilus London sur JFK. Côté flow pas de grande surprise, Azealia sait toujours rapper et n’a pas perdu son côté chipie.

Un album varié, malicieux, un poil ironique, qui se démarque de ce qui ce fait en ce moment, certes. Sauf que le problème de Broke With Expensive Taste, c’est que, comme vous l’avez compris, musicalement ça part un peu dans tous les sens : les chansons partent dans des directions opposées les unes des autres, ce qui crée un déséquilibre.

Note : 3/5. L’effort y est, mais le résultat est assez hétérogène, voire cacophonique.

Voila pour les sorties de novembre ! Bon bien sûr il y a eu beaucoup d’albums, clips et morceaux à côté desquels je suis malheureusement passée … Mais a très vite pour mon bilan 2014 ! ♫

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