Ecrans, Séries

Game of Thrones, saison 4 : retour sur une série magistrale

Oui, il est vrai que j’écris beaucoup moins à propos des séries que du cinéma, mais j’ai un argument de taille : je ne suis que très peu de séries, tout simplement car peu me semblent valoir le coup. Et dans le panthéon des séries de la décennie, je pense qu’il est plus que temps d’inscrire Game of Thrones, connu en France sous le titre du Trône de Fer. En effet, on peut clairement dire que jamais une série n’a autant secoué le petit écran, quitte à se faire envier par le grand pour être rapidement devenu un phénomène planétaire. Car oui, Game of Thrones est sans doutes l’une des plus ambitieuses aventures jamais proposées à la télévision. Que ce soit de par ses sujets sulfureux ou bien par sa qualité cinématographique indéniable (narration, personnages, décors…), cette série est tout simplement en train de changer le regard des spectateurs et des producteurs sur ce qu’est capable de livrer la télévision. De plus, il me semble n’avoir jamais encore parler du véritable culte que je voue à cette oeuvre, il serait donc temps de le faire, au crépuscule d’une saison 4 qui pourrait bien rester comme la meilleure de la série.

      

Il faut dire qu’il en fallait, du cran, pour adapter la saga littéraire « fleuve » (toujours en cours d’écriture !) entamée il y a une vingtaine d’années par le charismatique américain George R.R Martin : une dizaine de grandes familles (les « maisons ») se dispute le trône régnant sur le continent de Westeros, le trône de fer, dans un monde moyen-âgeux et corrompu, teinté de guerres, de mythes et de magie.
Rien que l’idée de départ pour l’écran est en soit génialissime : ne pas en faire un film, non, beaucoup trop de personnages et de détails importants à placer pour résumer 1200 pages d’un seul tome. Non, l’adaptation se fera en série : dix épisodes de cinquante minutes à une heure par saison, ni plus, ni moins. Le projet est lancé en 2007 par deux acolytes fous, David Benioff et D.B Weiss, ayant pour but de remplacer le plus gros succès du petit écran jusqu’alors, Les Sopranos, un des bijoux d’une chaîne payante américaine qui monte : HBO. La recherche des acteurs durera plus d’un an, tant le nombre de personnages principaux est considérable. Un gros travail de réécriture est aussi entamé, le premier tome de la saga faisant déjà 900 pages pour le découpage original. En 2010, la chaîne commande un pilote qui sera retourné puis finalement diffusé aux Etats-Unis en avril 2011, soit quatre ans après le début de la pré-production de la série. Deux jours plus tard, HBO, sûre de tenir sa nouvelle poule aux oeufs d’ors, commande une saison 2 qui sera diffusée l’année suivante.

            Ce manège infernal de succès et de gloire dure depuis trois ans, et autant dire qu’il n’est pas près de s’arrêter. Entre temps, le show a eu le temps de devenir un réel symbole dans la culture populaire et bien plus que ça, a réussit à faire valoir le style heroic-fantasy aux yeux des critiques les plus exigeantes, dix ans après la rafale cinématographique du Seigneur des Anneaux. Mais pour comprendre le phénomène, il faut analyser la série et son ampleur scénaristique. Car maudit soit le spectateur lambda venant commencer la série en pensant à de bonnes bastons et à du sexe à gogo. Game of Thrones est beaucoup plus que cela, et ceci, on le doit aussi bien aux romans d’origine qu’à la série qui elle, a su faire la part des choses entre des intrigues ultra-diverses, des personnages profonds et de plus en plus complexes, jamais complètement noirs ni blancs, et une aventure se déroulant aux quatre coins d’un continent sans fin. En somme, il est presque impossible de parler d’une saison seulement tant les évènements sont liés et nécessitent un suivi global des intrigues, et ce, en évitant tout spoiler.

Ayant été comparée à Lost pour son ambition narrative (chaque épisode étant obligé de se concentrer seulement sur certains personnages, cassant ainsi le fil des séries « grande audience » avec une intrigue différente se terminant à chaque épisode), et à Rome pour sa fidélité historique (évidemment l’intrigue de Game of Thrones est fictive mais prend comme contexte l’époque du Moyen-Age, occidental et oriental, ce sont donc les détails de ces cultures-ci qui ont été travaillés et remarqués), la série n’a fait que gagner en maturité, en intensité et en noirceur depuis sa première saison, au budget assez stricte. Car plus qu’audacieuse dans le fond, Game of Thrones est une série qui a des moyens, et qui les utilise à bon escient : les quelques « vraies » scènes de batailles sont, dans chaque saison, ultra travaillées graphiquement. Au même titre, depuis la saison 2, nous avons pu voir l’arrivée de diverses créatures fantastiques, notamment des dragons, dont le rendu numérique pourrait clairement faire baver certains James Cameron et compagnie.

                 Le fait est qu’il y aurait tellement de louanges à faire sur ce show, qu’une question se pose, et espérons que nous allons pouvoir y répondre : la dernière saison, ça donne quoi ?
Et bien disons tout simplement qu’elle bat tous les records, au sens artistique comme au sens technique. En effet, la saison 4 n’a jamais fait autant d’audience et n’a jamais autant secoué la toile. Pour parler du fond, et surtout de cela, la série a touché cette année un sommet d’intensité, en terme de personnages mais aussi en terme de réalisation : en balançant dès le second épisode l’un des plus importants évènements du tome adapté (la deuxième partie du troisième), les scénaristes ont été encore plus culottés que d’habitude et ont ainsi élever la série à un tout autre niveau. Les épisodes suivants, plus calmes, plus réfléchis, se sont concentrés sur l’évolution de personnages de plus en plus complexes (Jamie Lannister, Sandor Clegane, Peatyr Baelish, Brienne of Tarth, Jorah Mormont…), tandis que d’autres ont gagné en épaisseur et en maturité, pour le plus grand plaisir des spectateurs (Sansa Stark, Jon Snow, Samwell Tarly, Tyrion Lannister…). De ce fait, la fin de saison a gagné en puissance et en importance. La lourde tâche de succéder à l’évènement majeur de la saison dernière (les Noces Pourpres) s’est finalement élargie sur trois derniers épisodes, tous plus géniaux les uns que les autres. Entre la mort spectaculaire d’un personnage charismatique de la saison dans l’épisode 8, suivi d’un épisode spécial se concentrant sur la grande bataille au Mur pour finir en beauté par un chapitre final sidérant, grandiose, et plus que jamais, bouleversant.

              Laissant beaucoup de questions en suspens pour la saison suivante, autant au niveau de l’adaptation, se faisant de plus en plus difficile, qu’au niveau de l’intrigue, cette saison 4 n’aurait jamais pu être meilleure, plus intelligente ou encore plus spectaculaire. A l’heure de l’âge d’or pour cet univers créé par George R.R Martin, il est temps, pour nous, humbles spectateurs, de se rappeler que Game of Thrones est une des plus grandes séries modernes, et ainsi, de patienter jusqu’à l’année prochaine, car l’hiver vient…

1606920_510702039058631_5159093607387455671_n

Game of Thrones,
en intégralité et à la demande sur OCS,
bientôt diffusé sur Canal +

Margot.

Par défaut

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s