Ecrans, Films

Août 2013 : Review

         Les sorties de l’été sont pratiquement finies, il ne nous reste plus qu’à dresser un petit bilan ciné de ce mois d’Août riche en surprises, avant d’aborder la rentrée qui s’annonce forte en bons films.

On commence le 7 août avec Imogene, nouvelle comédie écrite par l’incandescente actrice américaine Kristen Wiig, après l’hilarant Mes Meilleures Amies l’année dernière. Cette fois-ci dirigé par un duo (Shari Springer Berman et Robert Pulcini), le film raconte l’histoire de cette chère Imogene, précédemment auteure à succès et bonne vivante. Mais voilà : du jour au lendemain, son mari la quitte et elle se fait virer. Imogene est donc contrainte de retourner dans son New Jersey natal, sorte de station balnéaire perdue où elle retrouvera sa mère, le nouveau petit ami de celle-ci, son frère et un nouveau locataire joué par le charmant Darren Criss, vu dans Glee.

         Entre moments hilarants et pensées nostalgiques, la barrière n’est jamais bien loin dans l’écriture fine de Kristen Wiig, et c’est bien cela tout l’intérêt de ses films. Road movie pendant un moment, puis réel récit de suspense et d’espionnage vers la fin, le film ne cesse de nous mener de surprises en surprises. Véritablement rafraîchissant, Imogene est la vraie comédie de cet été.

             Le 14 août arrivait enfin Elysium, nouveau bijou du réalisateur de District 9, Neill Blomkamp qui avait marqué les esprits par sa SF indé et ses réflexions sociales omniprésentes. La tête d’affiche impose Matt Damon, chauve et méconnaissable, ainsi que Jodie Foster en réelle garce, directrice du satellite Elysium. Oui mais ça raconte quoi au juste ? En 2154, les pauvres vivent sur la planète Terre, ultra-polluée et invivable devenue une sorte de bidon-ville géant, tandis que les « riches » se sont installés sur Elysium, paradis superficiel au creux du rêve américain, où l’on se soigne d’un cancer en une minute, sans pauvreté, ni famine. Travaillant dans une usine, Max se voit un jour confier le pouvoir d’aller sur Elysium grâce à un mystérieux exo-squellette mis en place par un groupe de techniciens pas très réglos.

      Si le scénario impose tout de suite un message social plutôt lourdingue à première vue, Elysium n’en est pas moins un film fascinant où la SF pompeuse sait laisser place aux sentiments et à la critique d’un monde coupé en deux. Sud-africain, le réalisateur décrit le Los Angeles de 2154 comme une véritable décharge à ordures, où le bruit est incessant et où petits délinquants et crimes règnent en maîtres. Comme si on y étiez, le réalisme est un de ses plus grands atouts, tout comme la mise en scène et le jeu de la caméra, particulier et original.

        Tandis que cela en décevra sûrement certains, le fait de ne pas vraiment s’installer sur Elysium (en tout cas pas jusqu’à la fin) est aussi une démarche osée, comme si cette station était tellement parfaite et mensongère, qu’elle ne mériterait même pas que l’on si attarde. Seul regret : que l’on n’en sache pas plus sur le personnage de Jodie Foster, à la fin amère et mystérieuse.

                  Le même jour, le deuxième grand film du mois (avec mon article du Film d’Août…) s’intitule Michael Kohlhaas, d’Arnaud Des Pallières, mettant en scène un Mads Mikkelsen enragé, dans les Cévennes du XVIème siècle. En guest-stars, on peut aussi retrouver Denis Lavant et Sergi Lopez. Retranscrit en France, le film est adapté de l’histoire vraie allemande de Michael Kohlhaas, simple vendeur de chevaux qui se trouvera victime de l’injustice d’un seigneur et qui, au nom de la justice, lèvera une armée et sera malgré lui, le porte-parole d’une époque. Présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, Michael Kohlhaas s’impose très vite comme un exercice de style rude : presque muet, lent, naturel, la première partie rappellera sûrement à certains l’ambiance du Cheval de Turin de Bela Taar, tandis que d’autres y verront une fresque dépassé. Mais c’est sur son sujet délicat et principal qu’il intriguera ; la justice. Grand mot déjà passé par tous les styles existants au cinéma, ici mis à nu et surtout, questionnant le spectateur.

         C’est aussi le côté « nature » du film qui marquera : le souffle des chevaux, l’aboiement des chiens, l’aiguisement des épées. Ce rapport aux sons et la terre ne rappelle aucun autre film jusque-là, c’est en cela que Michael Kohlhaas dépayse, emporte, pour finalement imposer sa part de mystère et son allure noble, immensément atmosphérique, et c’est déjà très grand.

          Le 21 août, on avait rendez-vous avec les super-héros déjantés de Kick-Ass pour un deuxième opus, reprenant la même formule et les mêmes acteurs : Aaron Taylor-Johnson et Chloé Grace Moretz, avec quelques nouveaux arrivants dont Jim Carrey himself et la révélation Christopher Mintz-Plasse, savoureux en grand méchant fétichiste. Vince Vaughn a aussi laissé place au réalisateur Jeff Wadlow, jusqu’ici metteur en scène de films d’actions sans grand succès.

                Cette fois partis dans une « ligue », Kick-Ass se voit confier de plus en plus de responsabilités tandis que son acolyte Hit-Girl essaye elle de se ranger dans la norme pour faire plaisir à son tuteur. Mais une plus grande menace viendra bientôt les guetter. Toujours aussi trash et délirant, Kick-Ass 2 est une suite réussie rendant toujours hommage aux plus grands comics par le biais d’allusions « pop » ce qui réjouira le plus grand nombre. Sans baisse de rythme ni égarements vers un côté plus soft, le film tient ses promesses sans pour autant casser trois pattes à un canard. Kick-Ass 2 n’en reste pas moins original, passionné et bien foutu, et on n’en demandait même pas autant.

       On reste dans la comédie trash avec Les Flingueuses, nouveau projet de Paul Feig (réalisateur du fameux Mes Meilleures Amies) avec la bien-placée Melissa McCarthy en flic au caractère bien trempé se voyant obligée de faire équipe avec l’agent plutôt coincée du FBI joué par Sandra Bullock. Doué pour le comique de situation, Paul Feig va de blagues en blagues, toujours à la limite du too-much mais tellement drôle. Certaines scènes restent d’anthologie (le parking, la boîte de nuit) tout cela mené d’une BO gravement girly avec des titres énervés d’Azealia Banks, M.I.A ou encore Kimbra. Au plaisir de la comédie, s’ajoute aussi le jeu impeccable et la complicité des deux actrices. Savoureuses.

                   Changeons radicalement d’univers pour LE rendez-vous de ce 21 août avec Conjuring : les dossiers Warren, film d’épouvante de l’auteur de Saw, James Wan et adapté de faits réels. Mettant en haut de l’affiche des acteurs que l’on aimerait voir plus souvent à l’écran (Patrick Wilson et Vera Farmiga) et s’imposant avec une affiche minimaliste, Conjuring prône tout de suite son statut de film d’horreur « indé et soigné », et c’est bien le cas. Par une photographie sombre et jaunâtre à la Jeunet, le film nous présente le cas le plus important de maisons hantées auquel ont dû faire face le couple des Warren, se présentant eux-même comme « chasseurs d’esprits ».

         Le scénario n’a pour dire rien d’original au vu du nombre de film du genre sortant tout au long de l’année, plus ou moins de qualité, mais ce Conjuring est ambitieux et aspire à quelque chose de plus. D’effets de terreur en visions intimes déchirantes, le film se corse de plus en plus pour nous amener auprès de nos peurs les plus enfouies. C’est aussi la mise en scène du désormais reconnu prodige de l’horreur James Wan qui apporte une ambiance de plus en plus oppressante au film : d’horloges restées bloquées à 3h07 du matin à une scène d’enfermement terrifiante dans une cave de nuit en passant par un chassé-croisé dans les entrailles de l’immense maison, Conjuring est à la fois un très grand film de peur en lui-même mais rend aussi hommage à tous ses inspirateurs (L’Exorciste, Le projet Blair-Witch…), et ça, peu importe ce qu’on en dise, restera la preuve d’une expérience sensorielle unique.

      On clôturera ce mois d’août le 28 du mois avec Red 2, suite des aventures du groupe d’agents de la CIA désormais à la retraite avec un casting plutôt savoureux, Bruce Willis en tête, suivi de John Malkovich, Helen Mirren et Anthony Hopkins. Ici,notre équipe doit faire face à une menace tout droit ressortie de l’époque de la Guerre Froide. Entre combats ultra-testostéronés et intrigue déjà vue et revue, Red 2 se voit rapidement comme une déception. Faisant office d’Expandables 2 de l’été dernier, le film ne dépasse même le niveau de ce dernier, c’est dire. Véritablement ennuyeux, illogique et doté d’un humour plutôt « private joke », Red 2 n’a vraiment pas de quoi plaire, excepté pour un public venu pour l’action et un scénario vide.

Les manqués du mois : Lone Ranger de Gore Verbinski, Percy Jackson : la mer des monstres de Thor Freudenthal, Jeune et Jolie de François Ozon, Alabama Monroe de Felix Van Groeningen et Magic Magic de Sebastian Silva.

To be continued : Le film du mois : Grand Central de Rebecca Zlotowski.

Margot.

Par défaut

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s