Ecrans, Films

Juillet 2013 : Review

        Ca y est, l’été bat son plein et les salles obscures sont devenues THE place to be pour échapper aux insolations. En ces temps où les sorties sont à 70% faites de blockbusters, les films d’auteurs se font plutôt rares. C’est pour cela que ce mois-ci la testostérone et les bastons en veux-tu-en-voilà seront au rendez-vous dans cette review plus qu’estivale.

Le mois commence en trombes, le 3 juillet, avec World War Z, de Marc Froster, mettant en scène un Brad Pitt père de famille, ex-militaire reprenant du service alors que la planète est ravagée par une mystérieuse épidémie transformant tout être-humain en zombies. Synopsis aguicheur pour un genre qui, quand on s’y penche, s’est quelque peu effacé du paysage cinéma depuis quelques années. Car oui, c’est bien triste, mais le film de zombie, au cours de la dernière décennie, n’est sorti que sous forme de parodie (Shaun of the Dead de Simon Pegg, en 2006, la « must » parodie du genre) mais jamais en tant que film catastrophe dramatique. C’est pour cela que ce World War Z était déjà très attendu (outre la présence de Brad Pitt au casting bien sûr, qui n’avait pas fait de blockbusters depuis Troie en 2004). Mené par Marc Froster, petit génie des années 2000, imposant son style, hélas peu reconnu, avec Stay ou encore les Cerf-volants de Kaboul, finalement hué avec le décevant Quantum Of Solace en 2007, World War Z bénéficie aussi, et il faut bien se l’avouer, du succès du genre au petit écran : les séries « survival » (voir article Under the Dome) sont les plus à la mode et évidemment, on ne peut s’empêcher de citer The Walking Dead d’AMC, s’étalant déjà sur trois saisons, où un petit groupe d’américains lambda se retrouvent face à la menace zombie. La tension de la série est une inspiration inévitable de World War Z, et cela se voit (structures, rythme…). Mais le film vit aussi par lui-même, et heureusement : commençant par un générique en accéléré sur fond de B.O composé par Matthew Bellamy himself (leader du groupe Muse), l’ambiance est posée, reste à voir si elle durera.

          Démarrant peut-être trop vite, World War Z se fait clair sur une chose : c’est un film accrocheur où la caméra saccadée et la 3D énervée approuvent un montage documentaire et une franche trouille (sursauts…). Véritable carte touristique, World War Z a aussi le bonus de pouvoir faire voyager son spectateur : entre Etats-Unis, Israël, Pays de Galles, l’épidémie est totale et Forster arrive à nous le faire ressentir. Malgré un sous-texte géo-politique douteux et les hantises d’une Guerre Froide qui n’a jamais cessé, ce World War Z est tenace et embarque le spectateur là où il ne le supposerait pas.

             Le 10 juillet c’est notre âme d’enfant et les Studios Pixar qui reviennent pour leur film de l’été, avec l’inévitable Monstres Academy, déjà annoncé il y a plus d’un an. Prologue au génialissime Monstres et Cie, il y a déjà 12 ans, Monstres Academy suit notre duo préféré, Bob et Sully, deux monstres, entrant à l’université pour plus tard devenir, monstre professionnel et faire crier les enfants dans leurs lits afin de récolter du « cri », ressource du monde des monstres (si vous n’avez pas vu le premier, ce résumé doit vous paraître quelque peu farfelu, je m’en excuse d’avance).

           Pour tous les inconditionnels de l’animation Pixar, Monstres Academy se doit d’être plutôt une déception. Malheureusement, les dessins sont moins précis et le scénario, encore moins, car il semble ne pas y en avoir. Si l’on se réjouit d’abord de revoir tous les personnages du premier volet, ici en mode « étude » ou alors en cancres, la surprise, elle, n’est plus au rendez-vous. Quelques clichés, par ci par là (encore une déception, venant de Pixar) et une morale de fin ici inutile comble un film finalement plutôt vide. Mais ne partons pas sur de mauvais termes, car si l’inventivité se fatigue, l’originalité de départ reste. Peut-être un peu long, le film reste tout de même hilarant par fulgurances (référence à la Pop culture et aux années 80’…).

                Mais c’est le 17 juillet que sera arrivée LA sortie blockbuster du mois : Pacific Rim, nouveau mastodonte de Guillermo Del Toro, avec à son bord, Charlie Hunnam (vu dans Sons of Anarchy), Charlie Day, Idris Elba ou encore Ron Perlman. L’histoire est simple : dans les années 2020, le monde s’est habitué aux attaques de kaijus, monstres géants sortis des profondeurs du Pacifique, décimant des villes entières et laissant le chaos derrière eux. Mais l’Homme est parfois intelligent et a créé sa propre arme : des « jeagers » -« chasseur » en allemand-, robots aussi grands que les monstres, construits pour tuer. Mais cette machine ne fonctionne que par et seulement si deux personnes, assez proches pour partager leurs souvenirs les plus enfouis et évidemment leur peur la plus primale, arrivent à se « synchroniser » pour piloter les deux côtés d’un robot de plus grand qu’un building. Ce système s’appelle la dérive.

                    Mais pour mieux percer le mystère de ce blockbuster des plus personnels, il faut s’attarder sur son auteur. Guillermo Del Toro, d’origine mexicaine, expatrié aux Etats-Unis dans sa jeunesse, a toujours porter à bout de bras une envie de spectacle intime, portant un message. C’est pour cela qu’un de ses premiers films, L’échine du Diable fit grand bruit dans les contrés espagnolles. En parlant de fantômes et d’orphelins, Del Toro critique avec une amertume palpable le massacre de la guerre civile d’Espagne. Sujet constant de son cinéma, la guerre flirte avec le fantastique, peut-être pour mieux la regarder en face ou pour tout simplement s’évader ailleurs, dans les lieux les plus sombres d’un esprit enfantin meurtri, comme il en sera le cas dans son chef-d’oeuvre Le Labyrinthe de Pan, en 2005, rite initiatique sonnant comme une plaie ré-ouverte pour le réalisateur. Avec des blockbusters comme le dyptique Hellboy, il réalise quelques uns de ses rêves d’enfants. Ici, Del Toro imposera encore plus son sens de l’esthétisme et son talent de dessinateur et de conteur, quitte à inventer ses propres mondes, comme le fit un certain Peter Jackson au même moment, de l’autre côté du globe. Autant dire que lorsqu’il s’agit de donner une claque à Michael Bay et ses Transformers, l’esthète est au rendez-vous. Car c’est bien ce qu’il y a dans la machine qui intéresse Del Toro : « Petit, j’imaginais l’intérieur de mes monstres avec des boyaux et des veines, dans les robots, il y avait des gens. ». C’est tout ce contraste que fait vivre Del Toro dans Pacific Rim.

             Par une séquence d’ouverture des plus pessimistes, montrant comment les boys band ont été remplacé par des posters de jaegers ou encore des jouets de kaijus, Del Toro regarde de haut le spectateur pour mieux lui faire comprendre que son cinéma n’est pas dupe et qu’en parlant de monstres marins et de robots, il va surtout faire réfléchir sur les sujets qui tiraillent déjà notre société : le réchauffement climatique, le pétrole, le trafic d’organes etc. Mais c’est par un sujet bien personnel que démarrera l’action : le deuil, là où on l’attendait le moins. S’en suivra le traumatisme, la rédemption, puis la vengeance, brûlante et destructrice.

                 Mais pour être sûr que Pacific Rim est un grand film, il suffira de regarder outre ces sujets de hantise, au cœur du divertissement car un spectacle intelligent n’est jamais de trop : scènes de combats géants, chorégraphiés et stylisées au possible font de Pacific Rim une joie de tous les instants. « Ce film c’est un rêve de gosse. », quand Del Toro parle de son nouveau-né, on croirait presque y voir Spielberg, rien que ça.

           Le 24 juillet, changeons de qualité avec Wolverine : Le combat de l’Immortel, encore échappé de la saga X-Men, avec cette fois aux commandes James Mangold, guidant l’inlassable Hugh Jackman ici expatrié au Japon, tiraillé entre son désir de normalité et son immortalité chérie. Il faut dire que le film avait tout pour être aussi pâteux que le précédent essai X-Men Origins : Wolverine : fautes de productions, grève des scénaristes… Mais le projet restait sur pieds grâce à la volonté et au désir de Jackman d’offrir un spin-off digne à son personnage de toujours. Son ami Darren Aronofsky (le génie à qui l’on Requiem For a Dream ou Black Swan) est d’abord sur le projet : quelques story-boards par ci par là, des repérages, mais le directeur lâche l’équipe au bout de quelques mois. Il n’en fallait pas moins pour James Mangold arrive. Ce réalisateur new-yorkais nous avait pourtant habitué au meilleur : il décrivait avec mélancolie le destin de Johnny Cash dans Walk The Line ou encore donnait une touche de neuf au western spaghetti dans 3h10 Pour Yuma… hélas. A croire que le personnage à griffes de Marvel est le problème. Pas si sûr, c’est à coup sûr le scénario : inexistant.

        Mais si le film reste plat et inintéressant, l’ambiance créée, elle, reste un point bénéfique : s’étant tourné à Sydney, le film se passe pratiquement entièrement au Japon. Peut-être clichés, les différents décors nostalgiques d’une certaine époque de samouraïs, nous, public français, nous dépaysent, et c’est peut-être mieux comme cela.

Films manqués :Hijacking, Frances Ha, Insaisissables.

To be continued : Le film de Juillet : Le Congrès d’Ari Folman.

Margot.

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