Ecrans, Films

Avril 2013 : Review

Voici venu le temps du printemps… mais pas toujours des bon films. Et oui, ce mois d’avril « bourgeonnant » aura été le mois de pas mal de déceptions.

                      Commençons directement donc, avec une sortie très attendu du 10 avril, Oblivion de Joseph Kosinski qui dirige ici Tom Cruise, Morgan Freeman et Olga Kurylenko (vue le mois dernier chez Terrence Malick), entre autres. Le pitch est d’une science-fiction basique : dans un futur proche, la Terre n’existe plus. Entant qu’employés d’une grande firme, Cruise et sa coéquipière sont chargés de nettoyer les drones présents sur la Terre, et d’accessoirement, anticiper les attaques d’ennemis. Il se trouve que bientôt les apparences vont se révéler trompeuses.
Après avoir regarder la bande-annonce du film, vous devinerez le sens esthétique inévitable du film: terre outragée, vaisseau ultra-technologiques perchés au milieu d’un ciel vertigineux et combi’ toute blanche pour Tom Cruise, entant que grande star du film. C’est d’ailleurs bien là le problème : à nous rejouer toujours le même rôle depuis maintenant presque 10 ans, l’acteur n’est plus Jack -son personnage- à l’écran, mais bien Tom Cruise, la star des magazines peoples… Etant tout seul sur Terre durant le première partie du film, Cruise s’offre avec Oblivion le cadeau parfait : un monologue d’environ une heure entière. Si l’égo quelque peu dérangeant de l’acteur, mis à profit et en image dans ce film, se fait de plus en plus insupportable, c’est bien le scénario qui va achever le tout.

        Oui, un scénario ça existe, pas dans Oblivion apparemment. Ce que Joseph Kosinski -qui ici adapte sa propre BD- ne semble pas avoir compris, c’est que de la science-fiction se joue lorsqu’il s’y trouve un « moteur dramatique » valable (souvent une histoire antérieure à l’action, touchant à la vie personnelle du héros, qui refait subitement surface). Ici, ce « moteur dramatique » justement, ne marche pas, l’émotion est préfabriquée. C’est pour cela qu’Oblivion reste de la SF pour de la SF : sans cœur ni enjeux et donc, pauvre en émotions et originalité.

Une semaine plus tard, le 17 avril, sortait un des films les plus attendus du monde du cinéma d’auteur : The Grandmaster du « géant » Hong-Kongais Wong Kar-Wai, qui a travaillé sur ce dernier durant les six dernières années. Une réputation de perfectionniste qui semble coller à la peau du réalisateur, romantique dans l’âme et habitué des festivals. Réalisateur culte des années 90′, Wong Kar-Wai a su s’exporter en Europe avec une facilité déconcertante : par des films traitant inlassablement de la même hantise -l’amour perdu/impossible- il a su émouvoir la planète entière avec quelques grands succès comme In The Mood For Love, en 2006, année de la consécration où son cinéma chorégraphié et à l’esthétisme poussé à l’extrême n’agitait pas seulement la croisette de Cannes. Ses thématiques sont toujours fidèles dans The Grandmaster, excepté le contexte de l’intrigue qu’est le kung-fu. Un parti pris qui ne plaira pas à tout le monde et où certains même décrocheront, ce qui est le cas ici. A travers la vie d’Ip Man, personnage historique et mentor de Bruce Lee, Kar-Wai retrace l’Histoire de la Chine mais surtout, une histoire d’amour, cachée aux fin fonds des personnages durant des années de guerre et de déchirement territoriaux, qui ne pourra rester qu’impossible.

              L’amertume et les regrets font ainsi les moments de grâce de ce film, véritable tragédie grecque où les gestes de combats au ralenti font office de paroles et de gestes amoureux. Un opéra qui ne se fatigue jamais, porté par une BO magistrale et infiniment dramatique. Des visages de Tony Leung ou encore de Zhang Ziyi, intacts au fur et à mesure des années, le réalisateur en tire des regards de rancunes et de sentiments intimes dévastateurs. C’est ainsi que The Grandmaster est ambigu tant certains moments touchent à la grâce mais sont hélas, rattrapés par un scénario qui patauge au milieu de phrases lourdes et d’une intrigue trop lente.

                 Ensuite, le 24 avril marquait la sortie du troisième volet de la trilogie Iron Man, toujours avec l’excellent Robert Downey Jr. en super-héros play-boy, accompagné de son assistante et maintenant, petite amie, Gwyneth Paltrow. Cette fois, nous retrouvons les deux géniaux Guy Pearce et Ben Kingsley en grands méchants voulant faire sauter la planète (non j’exagère). Bref, un casting paré à toutes éventualités. Seul le réalisateur Jon Favreau, qui avait jusque-là dirigé la saga d’une main de maître avec Iron Man et Iron Man 2, respectivement sortit à deux années d’intervalles depuis 2008, est ici absent à la réalisation pour laisser place à un certain Shane Black, précédemment metteur en scène de Predator et Kiss Kiss Bang Bang. Est-ce le problème de ce troisième volet ? Pas si sûr. En tout cas, ne nous voilons pas la face : Iron Man 3 est ce genre de film où plus l’heure avance, plus les déceptions se font grandes, et ce, dû à une trilogie précédemment rock’n’roll et un minimum posée, ici réduite à un pur film d’action.

      Après l’expérience Avengers il y a un an, où (presque) tous les super-héros Marvel s’unissaient pour le bien de la Terre, accompagné d’une B.O à tomber et d’une réalisation jouissive, Shane Blake a bien du mal à reprendre le flambeau de la trilogie se basant sur le leader des « vengeurs » et ne trouve qu’une seule issue : répéter sans cesse l’incroyable scène finale d’Avengers, ce qui laisse inévitablement un sentiment de déjà-vu. Action incompréhensible, seconds rôles gâchés, intrigue lourdingue : Iron Man 3 est le jouet de trop, film penchant plus vers Transformers que vers la morale Marvel, et qui ne cesse de se dégonfler devant le sujet incroyablement profond qu’est le terrorisme, ici bâclé et inutilement mentionné.

Films du mois dernier rattrapés : The Place Beyond The Pines de Derek Cianfrance : un des chef-d’oeuvres de l’année. Emotionnellement bluffant.

To be continued : Article spécial sur Cloud Atlas reporté à sa sortie DVD (début juillet).

Films du mois surement visionnés prochainement : Effets Secondaires de Steven Soderbergh, Promised Land de Gus Van Sant,  L’écume des Jours de Michel Gondry.

Margot.

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