Musique

« Delta Machine » – Depeche Mode : L’expiation

        Deux semaines après David Bowie, le trio Depeche Mode revient avec Delta Machine, album du grand retour, teinté de sombre et de beats nostalgiques, composé entre Santa Barbara et les rues crasseuses de New York. La quintessence de la pop britannique des années 70′ n’est donc pas morte, décidément pas du tout.

           Quatre ans après le succès incontestable de Sounds Of The Universe, et une tournée mondiale, les quadragénaires l’avaient bien laissé entendre : ils n’avaient pas dit leur dernier mot. Loin d’avoir prit un coup de vieux, le groupe accomplit aujourd’hui un tour de force : ne pas se répéter tout en restant introvertis et même, gothiques à souhait.

              Il y a un mois, le premier single Heaven et son clip déboulaient sur la toile, morceau déjà inscrit dans une discographie sans fin, quelque part entre chant religieux et slow mélancolique.

            Comment ne pas dire que Depeche Mode est bien l’un des meilleurs groupes à avoir su manier l’électro avant tout le monde, quitte même à l’avoir inventé ? De par les fissures du temps, les drogues et les folies, le groupe n’en est ressorti que plus résonnant, c’est bien en ça que ce Delta Machine sonne déjà comme une véritable expiation.

           « Welcome to my world… (Bienvenue dans mon monde) » affirme donc Dave Gahan, lors de l’ouverture de cet album, par un morceau plus mystérieux que chaleureux, comme une invitation quelque peu froide à découvrir ce qu’il peut bien se cacher derrière ce 13ème album du groupe. De sons expérimentaux en sentiments énervés retranscrits à travers des morceaux comme Angel et Secret To The End, le groupe n’a plus rien à perdre. Nous retrouverons le langoureux Heaven qui laissera place au geek et mégalomane My Little Universe, rappelant la dramaturgie « mécanique » du précédent opus.

        La boîte à rythme fatiguée de Slow, la voix suave portant le rythme saccadé de Broken, le lyrisme torturé de The Child Inside ou encore l’expérience clinquante Soft Touch/Raw Nerve : tout autant d’éléments faisant de ce voyage qu’est Delta Machine, un album d’ores et déjà incontournable.

                  Une fois passés les savoureux Should Be Higher et Alone, les beats incontrôlables referont apparition lors de Soothe My Soul, résonnant, à l’image des boîtes de nuits déchaînées d’un East London en ébullition.

                En forme de dernière révérence, viendra le final Goodbye, un titre aussi bien choisi tant le morceau se fait de plus en plus intense et épique. Car il y a bien de l’épique dans Depeche Mode : que ce soit la ligne de guitare façon western hantant le morceau et guidant la voix de Dave Gahan, ou les choeurs criant leurs adieux, enfouis dans une partie électro aveuglante, tout est grand comme tout est intime. Se terminant par une dernière fulgurance nostalgique, la sensation est de taille.

 

          A la fois physique et ultra-poétique, ce 13ème mouvement de la discographie de Depeche Mode n’est décidément pas anodin : par un point d’exclamation final, le trio semble indestructible. Comme en avance sur son temps, Delta Machine traduit une bataille pratiquement gagnée, une forme d’expiation aux sons de rythmes synthétiques dégénérés traduisant une apocalypse intime saisissante.

Margot.

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