Critiques et reviews, Musique

« The Golden Age » – Woodkid : Dans la gueule du loup

Woodkid-The-Golden-Age

L’avis de Thefreakycat :

Après avoir sorti un EP révélateur en 2011 nommé Iron, puis Run Boy Run en 2012, mais aussi de nombreux clips (pour Moby, Yelle, Katy Perry, Lana Del Rey, Drake & Rihanna …) il était temps que Woodkid nous fasse complètement pénétrer dans son univers poétique et musical comme visuel. C’est ce qu’il a fait, et pas qu’à moitié, avec ce premier opus nommé The Golden Age. A l’écoute, on est transportés dans un conte de la forêt orchestré par un enfant des bois au piano et sa douce voix, accompagnée de percussions et autres. Un beau voyage sensoriel et auditif durant 40 minutes. Un contenu inattendu mais magnifique.

Note : 4/5.

L’avis de Margot :

« The Golden Age is over (L’Age d’Or est terminé)» dira la première chanson éponyme. Si l’âge d’or est fini pour quelqu’un, ce n’est surement pas pour Woodkid : à tout juste 30 ans, le lyonnais Yoann Lemoine, graphiste et réalisateur, a su emmener déjà pas mal de gens dans son univers, sombre et empli de mystères.

            En mars 2011, sous le nom de son alter-égo, sorte de grand-frère modèle, il poste sur Youtube la vidéo de son premier titre Iron. Sans parler de la chanson, véritable marche de guerre aux accents mélancolique, la vidéo est réalisée par ses propres soins. Vidéo qui fera beaucoup parler. Autant épique qu’intime, à travers des images teintées de noir et blanc, de religion et de blessures, Yoann donne vie à son personnage, enfant des bois, alias Woodkid.

Deux ans et seulement deux singles plus tard, après avoir fricoté et collaboré avec les stars du moment (Lana Del Rey, Rihanna, Katy Perry, Moby, pour lesquels il réalise des clips…) ou encore avec la crème de la « french touch » (The Shoes…), l’enfant sort du bois avec un album attendu par tous ses « pré »-fans, sortant ce lundi 18 mars, créant un engouement digne de la sortie des premiers Daft Punk.

Il ne le cache pas, il veut « marquer le monde ». Ce n’est que le commencement, car si le jeune homme cite en idoles des réalisateurs comme Michael Haneke ou Gus Van Sant, il est désormais plébiscité par de plus en plus d’artistes de par le monde. Un mythe qui commence par The Golden Age : « I’m walking through the fields of gold (Je marche à travers les champs d’or)”, champs d’obus ou de blé ? Entre guerre et fantasme, l’univers est lancé à travers quelques notes de piano et une voix suave à souhait. Suit le single Run Boy Run, traitant de cauchemars enfantins autant que de passage à l’âge adulte, une course effrénée d’un grandiose insoupçonné. The Great Escape, quelque peu joyeuse, fera vite place à I Love You, première chanson d’amour du virtuose, écorchée et lancinante.

De plus en plus intime, The Shore, slow mélancolique aux accents de bande originale, est un frisson jazzy, rappelant un New York d’antan ou une campagne perdue, au fin fond du monde. C’est tout cela l’ambiguïté de Woodkid. Une ambiguïté instrumentale et sentimentale qui se traduit dans des chansons comme Ghost Lights, aux tambours et aux cuivres guerriers, Shadows, opéra tragique, ou encore l’interlude de 49 secondes qu’est Falling, tout droit sorti d’un des plus grands films d’Hitchcock. Démontrant encore une fois l’aspect inévitablement cinématographique des compositions du musicien, Stabat Mater, véritable chant religieux qui vaut tous les papes du monde, Conquest of Spaces, moment de grâce suspendu, quelque part dans le cosmos, Where I Live, récit nostalgique, ou encore The Other Side, clôture de l’album, résonnant aux sons de cloches et d’éternels tambours, qui finiront peu à peu par s’éteindre : chaque chanson de l’artiste semble être un film en elle-même. Et ce n’est pas le single désormais culte Iron qui pourra démontrer le contraire.

« Cause I have no force to fight (Car je n’ai plus la force de me battre) » assumera le chanteur, lors de l’ultime mouvement de cet album. Un album sonnant comme un rite initiatique, une sortie de l’ombre pour un artiste qui semble n’avoir déjà plus rien à prouver. Un album en forme de déclaration de guerre. A qui ? Peut-être tout simplement à soi-même, à ses démons, à son passé et même au notre. Car si cet enfant qui ne souhaitait pas devenir adulte en est un aujourd’hui, c’est que ses notes semblent déjà résonner dans l’éternité.

Margot.

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3 réflexions sur “« The Golden Age » – Woodkid : Dans la gueule du loup

  1. thelolly76 dit :

    Très bon article à n’en point douté. Et qui de mieux que Woodkid pour permettre des envolées lyriques … N’ayant pas écouter son album, il m’est difficile de juger de la justesse de la chose, cependant son univers graphique et musical m’aide fortement à imaginer ce que cela peut donner. Cet article m’a donné une énorme envie de l’écouter.

    Ceci étant dis je vous recommande d’écouter The National Fanfare of Kadebostany qui, dans certaines sonorités me fait penser à Woodkid !!! https://www.youtube.com/watch?v=PQDK6x1i8jY

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