Ecrans, Séries

Mes Moments Séries « Acte II: Life On Mars – Le Réveil »

Suite à une série d’article sur le site du Daily Mars, de plus en plus de sériephiles racontent leurs « moments télé », ces séquences de séries qui ont marqué, débuté et/ou confirmé leur amour pour les fictions télévisuelles. Et voici que je m’apprête à faire de même (très original n’est-ce pas ?). Je vais cependant légèrement modifier le concept en ne faisant qu’un article par moment (voilà où est l’originalité).

Attention : cet article comporte un certain nombre de spoils. Si vous n’avez pas vu cette ou ces série(s)/saison(s)/épisode(s) (rayez la ou les mention(s) inutiles), il est encore temps pour vous de quitter cette page… Non ? Parfait mais je vous aurai prévenus !

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Acte II : Life On Mars – Le Réveil

Life On Mars 2

Cette série (la version britannique) pourrait rentrer en intégralité dans mes moments séries tellement elle m’a marquée et bluffée : le scénario est très original, drôle, très bien joué et intelligent. Bien que Life On Mars soit une de mes séries préférées, j’ai eu du mal à me rappeler d’un ou des moments particulièrement marquants. Je tenais pourtant à l’inclure dans ma liste des moments séries. Et là, l’évidence me sauta aux yeux. Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ! Si je ne devais garder qu’une chose de cette série, ce serait un passage du dernier épisode de la saison 2 (la dernière) « La Promesse » (dans la version originale, les épisodes n’ont pas de titre). J’ai intitulé ce passage « Le Réveil ».

Life On Mars 4

Je rappelle la situation lors de cet épisode : Sam apprend que pour sortir du coma dans lequel il est plongé en 2006, il doit faire tomber Gene Hunt qui n’est en réalité que la personnalisation d’une tumeur logée dans son cerveau. Mais la limite entre l’illusion et la réalité se brouille totalement quand le commissaire Morgan, le seul lien qui le rattachait à son époque, lui révèle qu’il n’est qu’un agent infiltré du commissariat de Hyde et dont le but est de réunir des preuves pour évincer Gene de son poste. Lors d’une opération commando, Sam doit choisir entre laisser son équipe se faire massacrer et revenir à la vraie vie ou abandonner tout espoir de retour et aider ses coéquipiers.

Life On Mars 9

« Le Réveil » se situe juste après le choix de Sam de revenir à son époque d’origine. C’est ce passage qui illustre le mieux la problématique de la série, qui est la même que celle du Magicien d’Oz. Car au fond, Sam Tyler n’est qu’un Dorothy moderne au masculin, déraciné de chez lui brusquement, presque par magie, qui tente par tous les moyens de revenir. Et plusieurs éléments de la série sont tirés du récit et/ou du film : Manchester est une ville britannique minière faite de briques rouges où Sam doit sans cesse trouver son chemin, cela fait référence à la route de briques jaunes que Dorothy doit suivre pour aller à la Cité d’Emeraudes ; la série est feuilletonante où le schéma est toujours le même soit un crime différent par épisode, le livre était à l’origine un feuilleton publié dans un journal où chaque chapitre raconte une péripétie différente ; dans le 1er épisode de la saison 1, Gene se moque de Sam en l’appelant Dorothy et en lui disant qu’il va appeler le Magicien d’Oz ; Frank Morgan est le nom d’un commissaire dans la série mais c’est également le patronyme de l’acteur ayant interprété le rôle du Magicien dans le célèbre film de 1939… L’apothéose de ces similitudes et clins d’œil est dans ce passage avec Somewhere Over The Rainbow de l’hawaïen Iz traduisant le retour à la maison de Sam et son envie de revenir dans le passé. En effet, cette chanson est à l’origine interprétée par Judy Garland, jouant le rôle de Dorothy dans le film.

Life On Mars 1

Et c’est là que la véritable problématique se pose, la question à laquelle Sam n’a jamais songé ou à laquelle il n’a jamais voulu songer : est-il préférable en fin de compte d’être à la maison en 2006 car « there’s no place like home » (citation du film) ou bien d’être en 1973, dans ce pays au-delà de l’arc-en-ciel ? C’est Nelson, le barman jamaïcain des 70s, qui va donner indirectement la solution : on sait que l’on est vivant quand on le ressent, dit-il. Or, de retour chez lui, Sam ne ressent plus rien physiquement (il ne sent pas l’entaille qu’il se fait au pouce lors d’une réunion de travail) et mentalement (il ne sourit jamais, il est à la limite de la dépression et envoie un enregistrement au service psychologique). Et c’est sur le toit de son commissariat, à la limite de deux mondes, de la maison et du pays d’Oz, de la Terre et de Mars qu’il va se décider. Il réfléchit, hésite, perd ses repères (rotation de la caméra) et c’est finalement lorsque la caméra cesse de tourner qu’il se décide, sur fond de David Bowie, sur la même musique qui l’a fait basculer la première fois : il vivra dans le pays d’Oz, par delà l’arc-en-ciel, sur Mars.

Life On Mars 6

Et même là, nous ne sommes pas sûrs. En effet, il existe toujours cet entre-deux, cette non-limite entre le réel et l’illusion. Comment se fait-il que Sam n’ait pas ressenti la lame dans son doigt ? Comment peut-il se sentir plus vivant dans son subconscient que dans la vraie vie ? Et si finalement, ce que l’on croyait être comme étant l’autre planète n’était en fait que la réalité ? Certes certains éléments tendent à nous faire penser que c’est bien la vie de Sam en 2006 qui est réelle : il connaît Internet, le téléphone portable, il reconnaît tout de suite la maison de son enfance alors qu’il n’est pas censé être le fils de la famille Tyler des 70s… Mais ils peuvent avoir une explication : il peut avoir projeté ses souvenirs et son affectif sur cette maison (le Sam Tyler de 1973 est orphelin après un accident de voiture il y a quelques années), il est peut-être visionnaire, les apparitions de la jeune fille de la télévision ou des programmes qui s’adresse directement à lui n’est peut-être que le fruit d’hallucinations dues à l’alcool (c’est que ces gaillards ont une bonne descente et un faible pour le scotch !)… Enfin, il y a aussi des éléments troublants comme ce regard que le chirurgien Morgan lance à Sam lorsqu’il se réveille de son coma. Bref, on ne peut pas distinguer le vrai du faux et peut-être que Sam lui-même ne le sait car il pourrait également souffrir de schizophrénie (ce qui est plusieurs fois évoquée de manière explicite ou implicite comme lors de ce plan de Sam lorsqu’il revient dans les années 70 avec l’ombre et la lumière).

Life On Mars 3

 Tout cela qui constitue la quintessence même de Life On Mars peut être résumé à cette dizaine de minutes. Elle conclue en beauté une œuvre complexe et dense mais jamais alambiquée, belle et attachante, qui ne laisse pas indifférent. Une très belle série au final magistral.

Life On Mars 8

NB: l’analyse en rapport au Magicien d’Oz n’est pas complètement de moi. Je remercie et félicite @amdsrs pour son travail là dessus qui m’a beaucoup apprit et aidé. Je ne l’avais pas fait dans le 1er acte mais je remercie @CuberToy qui m’a poussé à faire cette saga. Vous pouvez le féliciter ou lui jeter des pierres, c’est selon ce que vous pensez de cette série de textes.

Musica

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