Ecrans, Films

César 2013 : Quand l’Académie s’amourache d’Haneke

Hier, vendredi 22 février, se déroulait la 38ème cérémonie des César, au Théâtre du Châtelet habituel, présenté pour la 9ème fois par Antoine de Caunes et, cette année présidée par Jamel Debouzze. Après le sacre de The Artist l’année précédente, quel film a été le grand favori de la soirée ? Et bien c’est sans conteste Amour de l’autrichien Michael Haneke (grand absent de la cérémonie), qui remporta les 5 plus grandes récompenses : meilleur scénario, meilleur réalisateur, meilleure actrice pour Emmanuelle Riva,  meilleur acteur pour Jean- Louis Trintignant (lui aussi absent) et Meilleur film.

Regardons le reste du palmarès :

MEILLEUR ESPOIR FEMININ (remis par Lambert Wilson)

    Lola Dewaere, Mince alors !

    Alice De Lencquesaing, Au galop

    [Lauréate] Izia Higelin, Mauvaise fille

    Julia Faure, Camille redouble

    India Hair, Camille redouble

MEILLEUR PREMIER FILM (remis par Ludivine Sagnier)

    Augustine

    Comme des frères

    [Lauréat] Louise Wimmer

    Populaire

    Rengaine

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE (remis par Isabelle Carré)

    [Lauréat] Guillaume de Tonquédec, Le Prénom

    Samir Guesmi, Camille redouble

    Benoit Magimel, Cloclo

    Claude Rich, Cherchez Hortense

    Michel Vuillermoz, Camille redouble

MEILLEUR FILM D’ANIMATION (remis par Manu Payet)

    Edmond était un âne

    [Lauréat] Ernest et Célestine

    Kirikou et les hommes et les femmes

    Oh Willy

    Zarafa

MEILLEURE ADAPTATION (remis par Céline Sallette)

    38 témoins

    Les Adieux à la reine

    Dans la maison

    [Lauréat] De rouille et d’os

    Le Prénom

MEILLEUR ESPOIR MASCULIN (remis par Marina Foïs)

    Felix Moati, Télé Gaucho

    Kacey Mottet Klein, L’Enfant d’en haut

    Pierre Niney, Comme des frères

    [Lauréat] Matthias Schoenaerts, De rouille et d’os

    Ernst Umhauer, Dans la maison

MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (remis par Franck Gastambide)

    [Lauréat] Les Adieux à la reine

    Amour

    De rouille et d’os

    Holy Motors

    Populaire

MEILLEUR SON (remis par Franck Gastambide – Jib Pocthier & Medi Sadoun)

    Les Adieux à la reine

    Amour

    [Lauréat] Cloclo

    De rouille et d’os

    Holy Motors

MEILLEUR FILM ÉTRANGER (remis par Olga Kurylenko)

    [Lauréat] Argo

    Bullhead

    Laurence Anyways

    Oslo, 31 Aout

    La Part des Anges

    Royal Affair

    A perdre la raison

MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE (remis par Thomas Dutronc & Emilie Simon)

    Les Adieux à la reine

    Camille redouble

    Dans la maison

    [Lauréat] De rouille et d’os

    Populaire

MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL (remis par Laurent Lafitte)

    Adieu Berthe

    [Lauréat] Amour

    Camille redouble

    Holy Motors

    Quelques heures de printemps

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE (remis par Joey Starr & Virginie Ledoyen)

    [Lauréate] Valérie Benguigui, Le Prénom

    Judith Chemla, Camille redouble

    Isabelle Huppert, Amour

    Yolande Moreau, Camille redouble

    Edith Scob, Holy Motors

MEILLEUR DOCUMENTAIRE (remis par Guilaine Londez)

    Bovine ou la vraie vie des vaches

    Duch, le maitre des forges de l’enfer

    [Lauréat] Les Invisibles

    Journal de France

    Les nouveaux chiens de garde

MEILLEURS DÉCORS (remis par Audrey Lamy)

    [Lauréat] Les Adieux à la reine

    Amour

    Cloclo

    Holy Motors

    Populaire

MEILLEUR MONTAGE (remis par Audrey Lamy)

    Les Adieux à la reine

    Amour

    Camille redouble

    [Lauréat] De rouille et d’os

    Holy Motors

CESAR D’HONNEUR : Kevin Costner par Michel Hazanavicius

MEILLEUR COURT-MÉTRAGE (remis par Aïssa Maïga)

    Ce n’est pas un film de cow-boys

    Ce qu’il restera de nous

    [Lauréat] Le cri du homard

    Les Meutes

    La vie parisienne

MEILLEURS COSTUMES (remis par François Damiens)

    [Lauréat] Les Adieux à la reine

    Augustine

    Camille redouble

    Cloclo

    Populaire

MEILLEUR RÉALISATEUR (remis par Charlotte Gainsbourg)

    Benoît Jacquot, Les Adieux à la reine

    [Lauréat] Michael Haneke, Amour

    Noemie Lvovsky, Camille redouble

    François Ozon, Dans la maison

    Jacques Audiard, De rouille et d’os

    Leos Carax, Holy Motors

    Stéphane Brizé, Quelques heures de printemps

MEILLEURE ACTRICE (remis par Omar Sy)

    Marion Cotillard, De rouille et d’os

    Catherine Frot, Les Saveurs du palais

    Noemie Lvovsky, Camille redouble

    Corinne Masiero, Louise Wimmer

    [Lauréate] Emmanuelle Riva, Amour

    Léa Seydoux, Les Adieux à la reine

    Hélène Vincent, Quelques heures de printemps

MEILLEUR ACTEUR (remis par Bérénice Bejo)

    Jean-Pierre Bacri, Cherchez Hortense

    Patrick Bruel, Le Prénom

    Denis Lavant, Holy Motors

    Vincent Lindon, Quelques heures de printemps

    Fabrice Luchini, Dans la maison

    Jérémie Rénier, Cloclo

    [Lauréat] Jean-Louis Trintignant, Amour

MEILLEUR FILM (remis par Jamel Debbouze)

    Les Adieux à la reine

    [Lauréat] Amour

    Camille redouble

    Dans la maison

    De rouille et d’os

    Holy Motors

    Le Prénom

      A la 2ème place, on trouve De Rouille et d’Os de Jacques Audiard avec 4 récompenses dont Meilleur espoir masculin pour Matthias Schoenaerts dans le rôle d’Ali, sans surprises. C’est d’ailleurs le premier acteur belge à remporter ce prix.

En 3ème position sur le podium, se place Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot, qui repart avec 3 prix « techniques ».

Evidemment, il se doit d’y avoir un grand perdant : Dans La Maison de François Ozon, qui était nommé dans 6 catégories, repart bredouille mais le perdant le plus flagrant est (encore et toujours) Leos Carax, le réalisateur « maudit » avec son sulfureux Holy Motors qui était nommé dans pas moins de 9 catégories (dont Meilleur acteur pour l’immense Denis Lavant).

      Camille Redouble de Noémie Lvovsky, qui avait créé la surprise en obtenant le plus de nominations (13 !), repart bien avec le bonnet d’âne, elle aussi bredouille.

Un Kevin Costner très ému a été honoré du César d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière, remis par Michel Hazanavicius, réalisateur gagnant de l’année dernière avec le fameux The Artist. Un magnéto nostalgique à fait, comme d’habitude, l’éloge de sa filmographie culte (Danse Avec Les Loups, Les Incorruptibles, Silverado, JFK…).

Comme toute cérémonie qui se respecte, nous avons aussi eu droit à quelques moments plutôt dérangeants tout comme à de sérieux blancs et moments de désespoirs, la faute à certains récompensés au discours trop long ou parfois activiste mais surtout très ennuyeux. Comme le costumier des Adieux à la Reine qui… ohh il était vieux, respectons. Par contre, un des ingénieurs du son récompensé pour Cloclo a quant à lui, accaparer l’audience pendant bien 5 minutes pour un discours sur la délocalisation… le président, Jamel Debouzze, aura beau appelé Antoine de Caunes avec le fameux téléphone rouge pour distraire l’assistance, même les tours de trottinettes des Kaïras (venus remettre le prix) ne pourront rien y faire.

Les sketchs d’entre-catégories furent, comme à leur habitude, réussis et parfois d’une amertume savoureuse face à l’actualité (Mr. Debouzze parlant du départ de Gérard Depardieu en Russie ou encore l’arrivée d’un cheval, un vrai, sous le surnom de « vache » sur la scène du théâtre). Oui, si cette cérémonie fut une réussite, ce fut aussi grâce à quelques moments inoubliables, comme la remise du César de la Meilleure actrice à Emmanuelle Riva par Omar Sy, acteur désormais reconnu depuis son prix l’année dernière pour Intouchables. Moment où le cinéma d’hier-remis-au-goût-du-jour côtoyait le cinéma populaire d’aujourd’hui. Le cinéma français a donc un sens.

Quant à moi, je n’oublierai pas le coup de fil de ma mère à la minute ou le titre d’Argo fut annoncé comme Meilleur film étranger, devant quelques chef-d’œuvres (Bullhead, Laurence Anyways, Oslo 31 Août) et ce mot en décrochant à l’appel « Dégoûtée ! ». D’autant plus que la pensée était partagée, car si le film de Ben Affleck risque bien de faire le triplet « BAFTA meilleur film dramatique + César du Meilleur film étranger + Oscar du meilleur film » (ce qui serait une grande injustice), Bullhead quant à lui méritait selon moi le prix au César, (faisant suite à Une Séparation de l’iranien Asghar Farhadi l’année dernière). Ce film flamand est d’ailleurs mon film préféré de 2012.

A moins de 48 heures des Oscars, beaucoup de questions se posent dont une en particulier : Est-ce qu’Amour aura le même succès outre-Atlantique qu’hier soir, à la messe du cinéma français ? Réponse dimanche soir. En attendant, cette cérémonie des César fut le signe que le cinéma « made in France » recèle encore quelques merveilles et certains moments magiques. Car après tout, il est fait pour ça.

Bises cinéma.

Margot

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