Ecrans, Films

Le Cinéma de 2012 : 2ème partie, le Top !

Voici venue l’heure d’attaquer la partie la plus longue et complexe pour tout bilan culturel qui se respecte : le fameux top (10 dans mon cas).

Comment parler des 10 meilleurs films de l’année ? Figurez-vous que cela s’avère une tâche assez extrême : discuter des films qui vous ont le plus ému(e), dépaysé(e), fait rire, fait pleurer, ou tout simplement les films qui vous ont le plus emporté(e), car, après tout, la fonction première du cinéma n’est-elle pas d’emporté le spectateur hors de sa propre vie durant un laps de temps déterminé ?

Le top 10 de l’année est aussi un moment inévitablement nostalgique. Car pour moi, chaque film vu au cinéma représente un moment précis de l’année, c’est comme ça que je me rappelle des dates importantes à vrai dire. Tenez Rebelle, par exemple, lui, représente le milieu de mes vacances d’été (le 1er Août) et surtout le moment où, après la séance, je dû commencer à faire mes bagages pour partir deux semaines chez mon père. De ce fait, le cinéma est une sorte de « marque » dans le temps. Quelques heures où vous pouvez sortir de votre train-train quotidien, de vos problèmes, etc.

Bref, voici sans plus attendre, mes 11 (2 derniers ex aequo) meilleurs films de l’année (classés entre 4,5 et 5/5 étoiles), accompagnés d’un lien vars la BA, de leur plus belle affiche et d’une chronique pour chacun d’eux :

 

1. Bullhead

(Belgique/Flandre, VO : Rundskop) de Michael R. Roskam, avec Matthias Schoenaerts, Jeroen Perceval… Genre : polar, drame. Sortie française : 22 février.

Jacky Vanmarsenille est éleveur. C’est un être renfermé, imprévisible et parfois violent… Aux côtés d’un vétérinaire sans scrupule, il s’est forgé une belle place dans le milieu du trafic d’hormones. Mais l’assassinat d’un policier fédéral, et sa rencontre avec un ancien ami d’enfance qui partage avec lui un tragique secret, bouleverse le marché que Jacky doit conclure avec le plus puissant des trafiquants de Flandre… Nominé à l’Oscar du Meilleur film étranger en 2012, Prix du Public et de la Critique au Festival policier de Beaune 2011.

Après tout, qui oserait défier Michael Haneke (Amour) en se plaçant en pole position ? Et bien pour moi, le débutant flamand Michael R. Roskam réussit le pari avec mon film préféré de l’année : Bullhead, littéralement « Tête de boeuf ».

S’ouvrant sur un plan fixe filmant une plaine aux premières lueurs du jour avec comme seules paroles, la voix off de Matthias Schoenaerts prononçant quelques mots marquant que l’on ne peut dévoiler et dont on ne saura la signification qu’à la fin, tout ça en langue flamande (sorte d’Allemand-patois) du Nord de la Belgique. Ce monologue résonnera tout au long du film, comme une sorte de plainte faite au spectateur par le protagoniste, traumatisé de l’enfance, aujourd’hui trafiquant d’où se ressent le malaise d’une vie gâchée. Bullhead est tout d’abord une définition sans échelles ni mesures de la Tragédie d’aujourd’hui, un vrai drame d’où l’on sait dès le début qu’il n’y aura pas d’échappatoire possible. La révélation du film, à part le réalisateur, véritable dramaturge au sens graphique surprenant, est bien Matthias Schoenaerts (plus tard vu dans De Rouille et d’Os de J. Audiard), acteur monstre d’une intensité dramatique rare, ici mi-homme mi-bête, car dès la première scène, on sait que c’est lui, la Tête de bœuf. Bref Bullhead est un film absolument bouleversant, troublant, en forme de réflexion sur les plaies ré-ouvertes et sur le sens de la masculinité : en passant par plusieurs scènes où l’on voit le personnage principal torse-nu, donner des coups de poings dans le vide sur fond de lumière jaunâtre inquiétante, un vrai sens physique et violent hante le film en permanence, sorte de « complaisance » par rapport au traumatisme d’enfance du personnage, comme une scène filmant la césarienne d’une vache, métaphore clinique du sentiment contenu par ce dernier.

Matthias Schoenaerts aka Jacky, écorché de la vie.

   Un film en crescendo, qui part dans les entrepôts d’agriculteurs crasseux et glauques pour finir dans une scène d’ascenseur (qui n’a d’ailleurs rien a envié à celle de Drive), dans un déferlement de violence incontrôlable d’où l’on sait forcément qu’il n’y aura qu’une seule issue : la plus dramatique qui soit. Maîtrisé jusqu’au bout, après Bullhead on ne sort plus tout à fait le même.

2. Amour

(France/Autriche/Allemagne) de Michael Haneke, avec Jean Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Huppert. Genre : drame. Sortie française : 24 octobre.

Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve. Palme d’Or au Festival de Cannes 2012, 4 prix au Cinéma Européen 2012, Golden Globe du Meilleur film étranger 2012, etc. Nominé dans 5 catégories aux Oscars et 4 aux BAFTAs.

          Amourest un grand film, un très grand film. En cinéma, lorsque l’on qualifie un film de « grand » ce n’est bien évidemment pas pour sa longueur ou sa taille (où qu’elle puisse être), mais bien pour ce qu’il fait ressentir au spectateur par le jeu des acteurs (ici excellents), la mise en scène, la musique, l’ambiance… Amour est ce genre de film, indescriptible malgré tant d’adjectifs nous venant à l’esprit après le visionnage, tous allant comme un gant au film mais, toujours pas assez pour le décrire à sa juste valeur. Un film où l’on se prend chaque ligne de dialogue prononcée, chaque plan, chaque scène en plein visage.

Au départ titré « Quand la musique s’arrête », le titre définitif quant à lui est une claque que l’on reçoit avant toutes les suivantes. Une scène-prologue mortuaire (indiquant la fin, déjà prévue) s’affiche d’abord sur l’écran noir pour laisser place à ce titre, « AMOUR », en toutes lettres, sans ironies ni double sens. Le film sonne d’ores et déjà comme une définition du sentiment par le réalisateur autrichien Michael Haneke, connus pour ses films chocs. Une définition bien particulière, où le mot lui-même ne sera prononcé qu’une seule et unique fois dans le film, lors d’une scène où Anne, déjà paralysée, incapable de se déplacer, lit à son mari la rubrique « Amour » de son horoscope du mois. Evidemment, la scène est d’une ironie amère, vue la situation des personnages à ce moment-là. Son mari, lui, rétorque « Ne t’en prends qu’à toi-même si tu lis ces bêtises. ». Tout est déjà dit.

En passant par leur fille, trop absente, ou encore le gardien de l’immeuble, oui, il y aura de la visite dans cet appartement, si vide déjà, mais la situation, elle, ne changera pas, hélas. Que faire d’un pitch aussi simple pour le faire durer sur deux heures, c’est bien là la plus grande audace du film, et c’est surtout jusque- là du jamais vu. Pas de larmes, jamais de « Je t’aime. », et surtout pas d’apitoiement ou de moments, musique triste en fond, où l’on se ressasse le passé. Non, toutes les scènes sont dures, sans exceptions, c’est d’ores et déjà annoncé. Alors que peut-il bien y avoir de si beau là-dedans ? Et bien, voyez-vous, c’est quelque chose que je n’arrive toujours pas à expliquer.

Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant, comprennent peu à peu que le début de la fin est arrivé.

    Enfermé avec le couple durant 2 heures (excepté pour une sortie), le spectateur assiste, impuissant, au brisement d’un couple dont il ne connaît (presque) rien, pas le passé mais le futur si, un peu, sûrement. Le grand appartement parisien qu’occupent les deux protagonistes a quelque chose d’étrange, comme un lieu que le spectateur commence à habiter peu à peu mais que chacun, autant les personnages que lui, devra quitter, tout en le sachant aussi bien que l’autre. Amour est tel un morceau de musique que l’on apprécie, arrêté trop tôt, brutalement, mais qui nous reste inlassablement et inexplicablement en tête, comme le silence assourdissant des spectateurs en sortant de la salle.

3. Martha Marcy May Marlene

(Etats-Unis) de Sean Durkin, avec Elizabeth Olsen, John Hawkes, Brady Corbet… Genre : drame. Sortie française : 29 février.

Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu… Prix du Meilleur réalisateur dramatique au Festival de Sundance 2011, Prix du Regard Jeune au Festival de Cannes 2011.

Sean Durkin, petit prodige américain, gagna le prix du Meilleur court-métrage à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes en 2010, pour Mary Last Seen (pouvant se traduire « La dernière fois qu’on a vu Mary ») où, pendant 14 minutes, nous suivons le trajet d’un couple allant vers une destination pour l’instant inconnue. Leur voyage est déjà étrange en lui-même, jusqu’à l’arrivée dans un chemin de forêt. Un chemin qu’a l’air de bien connaître le jeune homme du couple qui guide sa petite-amie en lui répétant de ne pas s’inquiéter. La ferme sur laquelle ils débouchent n’a à première vue rien d’inquiétant. Les personnes y habitant accueillent la jeune fille à bras ouverts tandis que l’homme repart vers une autre quête. Rien n’est dit mais après le visionnage, le titre parle de lui-même.

Moins de 2 ans plus tard, Durkin réalise son premier long-métrage, qui n’est d’ailleurs pas si différent que son court, dans la forme en tout cas. Car si Mary Last Seen laissait toutes les déductions libres au spectateur, Martha… lui, prend le temps d’installer son personnage principal pour mieux dépeindre sa descente aux enfers. Ce personnage c’est Martha, jouée par Elizabeth Olsen (la petite sœur des deux chanteuses, oui), révélation du film, autant insaisissable qu’attachante de paranoïa, plus tard nommée Marcy May par le gourou charismatique de la secte (interprété par John Hawkes, machiavélique et génial). Le film nous laisse hantés par la maîtrise de scènes en flashbacks montrant le passé de Martha au sein de la secte, sans échappatoire possible. Jonglant sans cesse entre passé et présent, rêve et réalité avec une telle aisance, Sean Durkin réussit un véritable coup de maître, stylisé autant dans la photographie, crépusculaire, jaunâtre et ultra-travaillée que dans la manipulation du spectateur, autant pris au piège que Martha, en (re)recherche de sa propre identité, volée, gâchée.

Réalité ou hallucinations ? A vous de décider. Elizabeth Olsen aka Martha.

   Le film ne cherche jamais à dénoncer, mais plutôt à faire réfléchir : de traumatisme en traumatisme, le spectateur est de plus en plus mal à l’aise, bouché bée, jusqu’à une scène finale filmée en un seul plan large, tel un tableau recelant tant d’éléments invisibles, tous autant pervers et marquants les uns que les autres.

4. Cosmopolis

(Etats-Unis/Canada) de David Cronenberg, avec Robert Pattinson, Paul Giamatti, Juliette Binoche…Genre : drame, thriller. Sortie française : 25 mai.

Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie. Sélection officielle, en compétition au Festival de Cannes 2012.

         Comopolis est tout d’abord, une histoire de résurrection. Pour Robert Pattinson, évidemment, rescapé de Twilight, acteur hors-pair jusque-là (très) sous-exploité qui ne fait que commencer sa (magnifique) reconversion dans le drame et le cinéma d’auteur. Mais aussi pour David Cronenberg, réalisateur culte et manichéen qui n’avait plus rien à prouver jusqu’à son oubliable et décevant A Dangerous Method où trois acteurs de marques (Knightley, Fassbender, Mortensen) se faisaient la cour sur fond de naissance de la psychanalyse à Vienne. Bref, une arnaque sans nom. Le « Maître » devait vite se ressaisir.

En adaptant le roman culte de Don DeLillo, critique de la finance et du capitalisme, se déroulant en 24 heures, à bord d’une limousine, la prise de risque était de taille. Le film est donc un huis-clos oppressant. Cette fameuse limousine qu’occupent le golden boy et le spectateur, sera de plus en plus dégradée, taguée, tout au long du film et de la descente de cette avenue de Manhattan. C’est le mental d’Eric Paker qui va aussi descendre en flèches : de plus en plus paranoïaque tout en ayant l’air déconnecté du monde. Le cadrage du film est impressionnant : les plans filmant Pattinson au premier plan avec la manifestation violente de dehors en arrière-plan, entraperçue à travers la lunette-arrière de la limousine, comme une barrière face à un monde trop dur, sont de plus en plus marquants tant l’apothéose approche.

Robert Pattinson, de plus en plus déformé par la caméra de Cronenberg.

    Entre discours philosophique de plus de 20 minutes, un rapport sexuel avec sa garde du corps, un repas avec sa « fiancée », une séance chez le coiffeur où l’on plonge pour quelques secondes dans le passé du milliardaire, jusqu’à une scène finale (une des plus marquantes de l‘année) osée en forme dialogue de 15 minutes jusqu’à un tout dernier plan choc, le film est magnétique par son ambiance langoureuse, jamais ennuyeuse, surplombée par la BO de Metric et d’Howard Shore, où l’on sait que quelque chose va arriver, quelque chose de grand, de choquant qui mettra fin au trajet (sens propre et figuré) du personnage. Pattinson, quant à lui, est filmé de plus en plus de travers, comme déformé par la folie extérieure qui ne semble pas l’atteindre, du moins c’est ce qu’il pense. L’acteur se libère et renaît dans un rôle qu’il adopte volontiers, plus volontiers en tout cas que celui d’un vampire sexy pour adolescentes. Cronenberg le filme comme personne et de ce pas, réalise un film complexe, à plusieurs étages, troublant comme excitant.

5. Rebelle

(Canada) de Mark Andrews, Brenda Chapman. Genre : animation, jeunesse. Sortie française : 1er août.

Merida, fille du roi d’Écosse, est une jeune fille impétueuse et échevelée, qui préférerait être archer. Suite à une dispute avec sa mère, elle fait un choix désespéré qui va avoir de grandes conséquences sur le royaume de son père et sur la vie de sa mère. Pour remettre les choses en ordre, elle va devoir braver les forces de la nature, de la magie et d’une malédiction. Nomination au Meilleur Film d’animation aux Oscars 2013…

Lorsque Disney et les Studios Pixar s’allient pour leur film d’animation habituel de l’été, ça donne quelques chef-d’oeuvres, et ce depuis la nuit des temps (Le Monde DeNémo en 2003, Wall-E en 2008, Là-haut en 2009, entre autres). Rebelle est le résultat de ce qu’ils sont capables de faire en 2012. Comme d’habitude, ces films d’animations sont uniques car regardables à plusieurs niveaux : autant complexe pour les adultes que simples pour les enfants mais autant magnifiques que réussis. Avec toujours une leçon à tirer de l’histoire. Car oui, les films animés de Disney et Pixar sont bien conçus pour être les fables de notre temps. Et Rebelle ne déroge pas à la règle : derrière une ambiance dépaysante sur les terres médiévales d’Ecosse, entre magie, mystères et légendes, se cache une véritable et touchante réflexion sur les rapports mère-fille, tout ça mené tambours battants par un désir d’aventure irrésistible et un humour toujours aussi fin et bien placé.

Et dire qu’au départ, un mariage était util pour sauver un royaume…. que de mentalités !

    L’héroïne aux cheveux rebelles (4 ans pour les concevoir par ordinateur !) est attachante et pour une fois, imparfaite. Un graphisme infini et de toute beauté couronne le tout pendant 1h30 où tout le monde peut redevenir enfant en s’émerveillant, en riant et en pleurant devant un petit bijou d’ingéniosité. Inoubliable.

6. Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

(Etats-Unis, VO : The Girl With The Dragon Tattoo) de David Fincher, avec Daniel Craig, Rooney Mara, Christopher Plummer… Genre : polar. Sortie française : 11 janvier.

Mikael Blomkvist, journaliste au mensuel suédois Millénium, enquête à la demande de l’ancien industriel Henrik Vanger sur la disparition de sa nièce, Harriet. Mikael se fait aider par Lisbeth Salander, jeune hacker prodige, pour mener à bien cette enquête aux ramifications inattendues.

David Fincher s’est imposé au fil des années, comme un des meilleurs réalisateurs américains de sa génération. Il est surtout connu pour ses thèmes bien glauques et pas toujours très consensuels. Dans chacun de ses films, aussi différents les uns que les autres : que ce soit un biopic (The Social Network), une critique violente de la société (Fight Club), un délire psychologique (The Game) ou encore une épopée à travers les âges (L’Etrange Histoire de Benjamin Button), le fond de l‘histoire est toujours vêtue d’une ambiance thriller avec Fincher. C’est pour ça que lorsqu’il s’attaque à de vraies histoires policières, ça donne automatiquement quelque chose en plus : que ce soit dans Se7enou dans Zodiac, le réalisateur s’attarde plus sur les répercussions psychologiques qu’a l’enquête au fil des années sur les protagonistes que sur l’affaire en elle-même, avec parfois une teinte de nostalgie poignante. Le réalisateur le dit lui-même : « Cela ne m’intéresse pas de montrer la boucherie. ». Autant dire que le roman suédois Millénium était fait pour lui. Si elle vous semble pourtant simple, l’histoire ne l’est pas.

En dénonçant les retards mentaux de son pays (viols, maltraitance…), la Suède, Stieg Larsson a vite fait de son roman post mortem un bestseller. Plus tard connu hors-Europe avec les premiers films, remontés ensuite en mini-série de 6 épisodes d’1h30. Il était temps que quelqu’un réactualise la saga. Après s’être déjà vu proposer le projet en 2007 alors qu’il travaillait sur Benjamin Button, 4 ans plus tard, Fincher se sent enfin prêt à plonger dans l’univers glacial de la saga.

Autant dire que la différence de style dans les deux adaptations cinématographiques est de taille : le réalisateur y pose dès la première séquence (pré-générique) sa patte. Emplie de mystères, cette scène ne fait que dévoiler au spectateur le tout premier élément perturbateur de l’histoire : un vieil homme, chaque année, à une même date reçoit un cadre contenant une ou plusieurs fleurs séchées. Cette date c’est le jour de la soit disant mort de sa fille. L’enquête commence, mais avant, Fincher nous offre un générique digne des plus grands James Bond, loin d’être laissés au hasard, chaque élément du générique fait référence à une scène du film : dans un noir gluant comme du pétrole, des silhouettes et des visages se dessinent peu à peu, laissant place à des teintes blanches pour des claviers d’ordinateurs ou à des teintes orangers pour un oiseau en feu. Autant de mystères que le metteur en scène s’amusera à dévoiler tout au long du film. La mise en scène, oui c’est un des talents forts de ses films : ici froide, jouant toujours sur le noir et blanc, elle est d’autant plus forte qu’elle fait ressentir au spectateur l’ambiance de l’enquête et le statut mental du personnage si complexe qu’est Lisbeth Salander, hackeuse antisociale joué par la révélation Rooney Mara.

Décrypter le passé pour mieux connaître les horreurs d’aujourd’hui. Rooney Mara, fascinante.

  Daniel Craig, quant à lui, fait son boulot dans le rôle du journaliste qui galère à trouver du réseau avec 30 cm de neige sous ses pieds, au fin fond de nulle part. David Fincher arrive très vite à dépasser les premiers films tant chaque scène est une réussite : que ce soit la fameuse scène de viol (insoutenable) ou une scène oppressante dans une maison soudain transformé en « palais des glaces » où aucune cachette n’est trouvable. Les scènes de reconstitutions du passé par des photos sont impressionnantes car dotées d’une nostalgie cachée. Pervers et angoissant, le Millénium de Fincher est un moment de grand cinéma.

7. Laurence Anyways

(Québec/France) de Xavier Dolan, avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye… Genre : drame. Sortie française : 18 juillet.

Dans les années 1990, Laurence décide de devenir une femme, fait son « coming out » à ce sujet et en même temps tente désespérément de sauver sa relation avec Frédérique, laquelle accepte fort mal cette décision et la cascade de désagréments qu’elle suscite. Prix d’Interprétation Féminine pour Suzanne Clément dans la section Un Certain Regard + Queer Palm au Festival de Cannes 2012, Meilleur film Canadien au Festival de Toronto 2012, Grand Prix et Prix de la jeunesse au Festival de Cabourg 2012.

Ce que l’on remarque le plus sur l’affiche de Laurence Anyways, à part, évidemment, un couple mystérieux s’embrassant passionnément, c’est la couleur flashy style papier peint en fond. Ce « papier peint » c’est un peu la marque de fabrique de Xavier Dolan, surdoué de 23 ans, québécois, se revendiquant « ouvert d’esprit ». En deux films, Dolan a réussi à imposer à la terre entière son style si particulier. Derrière toutes ces couleurs funs, flashies et fraiches, chacun de ses films traitent d’un sujet plutôt grave, tabou en fait. Son premier film choc présenté à Cannes en 2009, naturellement titré J’ai tué ma mère racontait la confrontation entre un adolescent (joué par lui-même) et sa mère vieillissante, incapable d’accepter l’homosexualité de son fils, le film était quasi-autobiographique. En 2010, arrive Les Amours Imaginaires, 2ème long-métrage avec toujours Xavier en rôle-titre, cette fois-ci sur un ton plus léger, il raconte les déboires d’un jeune adulte ne pensant à rien d’autre qu’à son copain blond frisé mystérieux sur lequel il n’arrête pas de fantasmer. Seul problème : sa meilleure amie fantasme aussi sur ce garçon. Fidèlement accompagné par une BO 80s et moderne à la fois, Dolan trace son chemin en traitant de ces sujets avec une ironie, une légèreté et un sens de l’esthétisme incandescents. Mais son vrai talent est de pouvoir retourner des petits problèmes d’ados bobos qui se regardent le nombril en véritables tragédies. Les Amours Imaginaires en est la preuve. Laurence Anyways annonce donc son come-back mature et sûr de lui. Car oui, Xavier a grandi et est décidé à le montrer en délivrant une vraie épopée de près de trois heures. Délaissant un peu son style « détestable » selon certains (pas du tout mon cas), Dolan se réinvente.

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Laurence = liberté.

      En restant cette fois derrière la caméra, comme par respect au deux acteurs principaux exceptionnels, Laurence Anyways peut paraître aux premiers abords comme un slogan en faveur des LGBT, il n’en est rien. C’est une histoire d’amour hétérosexuelle, sans double sens. Laurence aime Fred, Fred aime Laurence, sans concessions. Sur fond de Cure, de Visages ou encore de Moderat, le réalisateur sort sa plus belle discothèque pour son plus grand film. Il a dépoussiéré sa caméra qui, elle, filme les corps, tels qu’ils soient, comme personne, comme égaux en tout cas. Laurence Anyways, comme son titre, est une ode à la liberté et à l’amour, le vrai. Au fil des années, nous suivons les deux personnages, unis, douteux, séparés, remis ensembles, etc. Sa mise en scène prodige, ici Xavier Dolan s’en sert pour filmer l’intolérance, le regard dur de la société sur les « marginaux ». Ici, il nous met face à nous-même. Bref, la mise en scène transcende, l’histoire est une odyssée, les acteurs sont magistraux, le message est immense : on en ressort éblouis.

8. Skyfall

(Grande-Bretagne) de Sam Mendes, avec Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench… Genre : policier, action. Sortie française : 26 octobre.

23ème film de la franchise, Skyfall est aussi la 23ème mission à haut risque confiée à James Bond, l’agent double zéro le plus célèbre au monde. Seulement, cette fois, la mission est un peu particulière. Il va devoir prouver sa loyauté envers M à l’heure où le passé de celle-ci revient la hanter. Une mission d’autant plus périlleuse que le MI-6 est attaqué et qu’il va devoir identifier et détruire la menace. Quoi qu’il lui en coûte… 5 Nominations aux Oscars 2013…

     Attention : ce film n’est pas un James Bond Movie, ou alors si c’en est un, c’est bel et bien le meilleur de toute la franchise. Après un décevant Quantum Of Solace réalisé par Marc Forster, la lourde tâche de reprendre le (bon) flambeau devait au moins aller à un réalisateur expérimenté. Sam Mendes, révélé en 2000 avec le mythique American Beauty s’est imposé au fil des années avec un lot de films tout autant différents les uns des autres que stylisés au possible. Car la caméra de Mendes est décidément très classe. Le réalisateur britannique plus connu aux US s’est donc mis au travail : le résultat est impressionnant. L’évènement cinéma qui aura marqué 2012, Skyfall dévoile le côté le plus humain de Bond, un côté qu’on avait d’ailleurs commencé à oublier car le personnage devenait de plus en plus une machine… Daniel Craig quant à lui, ré-endosse le costume pour la 3ème fois et lui aussi renaît, en même temps que le personnage. Sans parler du nouveau méchant interprété par l’acteur immense qu’est Javier Bardem, ici sorte de James Moriarty du XXIème siècle.

Le générique de début accompagné par la chanson d’ores et déjà culte d’Adele donne tout de suite un nouveau ton à la série : plus calme mais plus torturé psychologiquement, plus sombre et crépusculaire, et même poétique (et oui), traversant toutes les scènes du film qui va suivre. Qui l’aurait cru ? Au bord du gouffre, Bond est obligé de ressasser son passé au grand public pour mieux se reconnaître, ce qu’il n’avait jamais fait jusqu’alors. Un privilège que nous offre Sam Mendes, sublimé par un sens graphique et lyrique à couper le souffle. Skyfall est un film infiniment esthétique. Cet esthétisme un peu vintage d’ailleurs, qui avait fait l’originalité de quelques chef-d’œuvres et qui n’est pas sans rappeler les séquences hallucinatoires de Sueurs Froides d’Hitchcock (n’ayons pas peur des références).

Bond dans un hôtel de Shangaï : séquence époustouflante, autant un exercice de style qu’une scène culte.

   Classe et élégant, autant habile dans les scènes d’actions que dans les moments dramatiques, le film est une réussite de chaque instant. Il se savoure comme un bonbon qui éclate en bouche. Baladés entre Istanbul, Londres, Shangaï, Macao, nous finissons au milieu de nulle part, au plus près du mythe. Philosophique en quelques sortes.

9. Les Adieux à la Reine

(France) de Benoît Jacquot, avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen… Genre : drame, historique. Sortie française : 21 mars 2012

En 1789, à l’aube de la Révolution, Versailles continue de vivre dans l’insouciance et la désinvolture, loin du tumulte qui gronde à Paris. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à la Cour, le château se vide, nobles et serviteurs s’enfuient… Mais Sidonie Laborde, jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine, ne veut pas croire les bruits qu’elle entend. Protégée par Marie-Antoinette, rien ne peut lui arriver. Elle ignore que ce sont les trois derniers jours qu’elle vit à ses côtés. Film d’ouverture à la Berlinale 2012, Prix Louis-Delluc du meilleur film 2012.

Le roman éponyme de l’historienne Chantal Thomas publié en 2002 avait eu le temps de faire parler de lui. Etait-ce vrai ? Marie-Antoinette, avoir une amante et une lectrice ? Vraiment ? Si Les Adieux à la Reine est au départ un roman unique, c’est aussi une plongée dans le monde Versaillais du XVIème siècle, à la veille de la Révolution qui fit tout basculer. Car si le personnage de Sidonie Laborde, liseuse de la Reine, est fictif, c’est pour mieux dépeindre ce monde complètement clos et hors du monde, du vrai, celui à l’extérieur.

Benoît Jacquot, réalisateur français exigeant et reconnu, un des plus grands des 30 dernières années, s’attaque au projet, fasciné par le point de vue de la liseuse. Après Villa Amalia, adapté de Pascal Quignard avec son actrice favorite Isabelle Huppert, et en suite à son violent Au fond des bois où Isild Le Besco tombait amoureuse d’un être vivant dans la forêt, répugnant et fascinant à la fois, Jacquot nous emmène au « fond du château ». Léa Seydoux excelle d’innocence dans le rôle principal, véritable tête chercheuse au fin fond du palais, nous guidant à chaque instant. Volant peut-être même la vedette à une Diane Kruger pourtant surprenante autant que bouleversante, loin de ses grosses productions habituelles, en Marie-Antoinette déconnectée de tout.

Marie-Antoinette,

se rendant compte du danger… bien trop tard.

      Si Les Adieux à la Reine est une fresque historique splendide, c’est aussi le récit de cette fameuse liseuse, Sidonie, idôlatrant la Reine tout en la fantasmant au plus intime. La véritable tragédie c’est que la Reine, elle, n’en voit rien s’étant amourachée de la Duchesse de Polignac, une bourgeoise déchue cherchant secrètement à garder son rang en profitant de celle-ci. Un triangle amoureux et malsain, apogée de la jalousie dévastatrice, s’installe alors, en silence, pendant que dehors, le peuple gronde déjà. C’est tout ce parallèle, déchirant et ironique à la fois, qui rend le film autant bouleversant. De plus en plus mal à l’aise, autant pour le peuple vivant dehors que pour le véritable chagrin d’amour que vit Sidonie, le spectateur est constamment divisé. De par un plan séquence de nuit bluffant de maîtrise où toutes les classes sociales se bousculent dans une même terreur, en passant par une scène intime et bouleversante d’adieux entre la Reine et la Duchesse où seul le spectateur et Sidonie savent que l’une se joue de l’autre, jusqu’à une scène finale indescriptible de dureté. Aussi mystérieux que son affiche, Benoît Jacquot tire les ficelles et nous envoûte dans son film, plus crépusculaire qu’il n’y paraît. Magistral.

10. Ex aequo :

L’Odyssée de Pi

(Etats-Unis, VO : Life of Pi) de Ang Lee, avec Irrfan Khan, Suraj Sharma, Tabu… Genre : aventure, drame. Sortie française : 19 décembre.

Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, dix-sept ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d’un canot de sauvetage. Seul, ou presque… Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable. Meilleur réalisateur et Meilleur réussite aux London Film Critics Circle Awards 2012 et autres récompenses. Précédemment nominé dans 2 catégories aux Golden Globes 2013, dans 11 catégories aux futurs Oscars.

Autant dire que le roman de l’écrivain québécois Yann Martel « L’Histoire de Pi » fut comme qui dirait la « bête noire » des producteurs durant ces 10 dernières années. A la fois projet d’adaptation coûteux et casse-gueule, beaucoup de réalisateurs ultra-connus s’y sont pourtant penchés, toujours sans aboutissements: le français Jean-Pierre Jeunet (Amélie Poulain), le mexicain Alfonso Cuaron (Les Fils de l’Homme) ou encore M. Night Shymalan, mondialement respecté depuis Sixième Sens. Jamais le projet ne décollera du bureau de la boîte de production. Avouons qu’adapter au moins deux heures de sur-place à bord d’un bateau de sauvetage occupé par un jeune homme et un tigre du Bengale, à première vue cela peut en faire frémir plus d’un, en effet. Celui qui accepterait ce projet d’adaptation serait bénit des dieux.
En 2010, le plus surprenant des noms du milieu est attaché officiellement à l’adaptation : Ang Lee, réalisateur taïwanais connu pour sa polyvalence et sa sensibilité à fleur de peau, pouvant dépeindre des sujets tabous de son pays (Garçon d’honneur) tout comme aux Etats-Unis (Le secret de Brokeback Mountain, si si), ou encore réaliser de purs divertissements (Tigre et Dragon, Hulk). Innombrablement primé dans les 3 plus grand festivals d’Europe (Palme d’Or à Cannes, Ours d’Or à Berlin, et 2 Lion d’Or à Venise…) et grandement connu des Oscars et autres BAFTAs, Lee est sûrement le plus bel exemple d’importation du cinéma indépendant asiatique à travers le monde. L’Odyssée de Pi est un succès déjà annoncé. Ce n’est pas pour rien qu’Ang Lee est l’homme de la situation : l’histoire, plus complexe qu’elle n’y paraît, est une métaphore, une réflexion philosophique sur les éléments qui nous entoure (la nature, la religion, les origines,..), tout ça montré/raconté du point de vue d’un adolescent de 17 ans, tout récemment orphelin et en pleine négociation (durant 227 jours exactement) avec Richard Parker, tigre rescapé du zoo de Pondichéry que tenaient ses parents.

Le livre, étant divisé en trois parties bien distinctes, le film se devait d’en faire au moins autant : la première partie démontre l’enfance du héros en Inde francophone, complexé par son nom de Piscine Molitor (à cause de la piscine parisienne) et se découvrant rapidement une fascination pour la religion. Laquelle ? Toutes. Car Piscine ne se demande pas pourquoi les musulmans prient sur un tapis ou pourquoi les chrétiens mangent un hostie lors de la messe, non, Piscine aime toutes les religions. C’est ce point de vue innocent et naïf qui rend l’oeuvre unique en soit. La deuxième partie est égale au trajet méconnu du tigre et du garçon sur l’Océan Pacifique, jusqu’à une troisième partie en forme de remise en cause où le mystère de la vérité et du fantasme reste entier.

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Pi et Richard Parker, entre ciel et terre. Hallucinant.

  Le film est l’apogée d’une ingéniosité graphique fulgurante parsemé de scènes inoubliables, une en particulier où la vie de Pi est ressassée à travers les yeux du félin, sous l’eau, perdu dans l’infini. Un voyage surréaliste au fin fond de l’esprit, universel et intemporel. Une sorte d’Inception exotique. L’Odyssée de Pi est ce genre de récit, compréhensible à plusieurs niveaux : le premier, celui qui est montré, et le second recelant la réflexion cachée, parfois cruelle mais finalement ineffaçable. Car oui, cette odyssée (car c’en est bien une), est d’abord et avant tout une œuvre sur le deuil, l’acceptation et sur le fait de savoir « laisser partir » quelque chose ou quelqu’un (en VO « The act of letting go »). Ne se refusant pas un côté humoristique et kitsch assumé, le film recèle tout ce que l’on demande en cinéma, et bien plus encore. A la fois sublime et déchirant, L’Odyssée de Pi est une ode à la Vie et une invitation au rêve, signée Ang Lee.

Le Hobbit : Un voyage inattendu

(Nouvelle-Zélande/Etats-Unis/Royaume-Uni, VO : The Hobbit : An Unexpected Journey) de Peter Jackson, avec Martin Freeman, Ian McKellen, Robert Armitage… Genre : aventure, fantastique. Sortie française : 12 décembre.

Dans Un voyage inattendu, Bilbon Sacquet cherche à reprendre le Royaume perdu des Nains d’Erebor, conquis par le redoutable dragon Smaug. Alors qu’il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris, Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n’est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Araignées géantes, des Métamorphes et des Sorciers… Meilleure réussite technique au Houston Film Critics Society Awards. Nominé 3 fois aux Oscars 2013.

Que l’on ait été adultes ou enfants à cette époque, aujourd’hui tout le monde sait que la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson a bel et bien révolutionné le cinéma fantastique et la définition de « blockbuster ». De 2001 à 2003, bien avant toutes les franchises cinématographiques qui vont suivre (Le Monde de Narnia, Hunger Games et même Twilight), le monde était tourné vers la folie, ou la redécouverte de l’oeuvre monumentale de J.R.R Tolkien, principal initiateur du style fantastique en littérature. Autant dire que la saga filmique fut un prédécesseur à toutes les autres, et est encore aujourd’hui considéré comme un pilier des principales technologies et effets spéciaux, banalisés à ce jour. Que faire après un tel phénomène ? Et bien Peter Jackson a la réponse. Réalisateur fascinant car méconnaissable au fur et à mesure de sa carrière, Jackson a riposté avec son énorme remake de King Kong où il réalisait son rêve d’enfance. Après l’expérience graphique et onirique Lovely Bones, il se tourne vers la production en collaborant avec le maître absolu Steven Spielberg sur une relecture du Mystère de la Licorne en adaptant Hergé. Après tant d’épopées, pourquoi ne pas retourner en Terre du Milieu ? Un voyage au départ plutôt inespéré qu’inattendu car la préproduction du film fut une odyssée en soit : lâché par son ami Guillermo Del Toro pour la réalisation du film tout en s’engueulant avec New Line Cinema, Peter Jackson est délaissé de tous. Un ami de toujours reste tout de même sur le projet : Ian McKellen, connu pour interpréter le héros à chapeau pointu le plus cool du cinéma et de la littérature, Gandalf. Le tournage se fait finalement, sur les terres natales du réalisateur et de la trilogie : la Nouvelle-Zélande. Moment nostalgique pour les acteurs présents depuis le début comme Elijah Wood (Frodon) tout comme pour les fans qui peuvent suivre le tournage en making-of sur Youtube. Tous reviennent en Terre du Milieu pour un film déjà grandiose, lever de rideau sur une nouvelle trilogie.

Plus d’un an de longue (très longue) attente après, le film sort en salles : pour le public, c’est un véritable voyage magique qui opère devant Le Hobbit. Porté par le très british Martin Freeman, le Dr. Watson moderne de la mini-série Sherlock, Bilbo se refait une jeunesse dans cet épisode préquelle, enchanteur et nostalgique, jamais bête ou ennuyeux mais au contraire, poétique.

« The world is ahead. »

    Un plaisir de tous les instants, un pur moment de cinéma où l’on savoure chaque scène, même les plus attendues comme LA scène de rencontre entre Bilbo et Gollum, osée car mené par un dialogue en jeu de devinettes de plus de 10 minutes. Durant 2h40, Peter Jackson nous prouve que, 11 ans après le premier Seigneur des Anneaux, rien n’a vieillit : ni sa fascination pour l’univers de Tolkien, ni son esprit virtuose qui mène le film, où il réveille (encore une fois), ce qu’il peut y avoir de plus beau en fantasy.

Sachez que c’est la toute première fois que je rédige réellement mon top ciné de l’année. A vrai dire, ce fut une expérience assez fatigante, mais me remémorer chaque film dans les moindres détails pour mieux vous expliquer leur beauté, fut un plaisir sans failles. C’est sur ce que je vous laisse, et en espérant, pleins d’images en tête.

A suivre : 3ème partie, le flop 10 !

(à attendre dans au moins 1 semaine : examens obligent)

Cinématicalement vôtre.

Margot.

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Une réflexion sur “Le Cinéma de 2012 : 2ème partie, le Top !

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