Critiques et reviews, Musique

Do ré mi l’an douze : le bilan

Dans cette review, je vous parlerais d’albums, EPs, remixes, mixtapes, et clips.

Vous aurez aussi le droit à un top albums de Margot.
N’hésitez pas à commenter et partager ce top; sur ce bonne lecture et bonnes fêtes de fin d’année ! Merci aussi de prendre en compte le fait que nous n’avions pas eu le temps d’écouter pas mal de choses, le monde musical étant bien trop vaste.

Top 10 de Margot :

  • Two_Door_Cinema_Club_Beacon1st : Beacon – Two Door Cinema Club = Leur 1er album sorti en 2009, Tourist History, était déjà un OVNI addictif venu   des terres profondes d’Irlande d’où sont originaires les trois  musiciens.  Beacon était annoncé comme plus profond et expérimental, c’est effectivement le cas, non sans lâcher le son de guitare pop et légèrement pubère qui faisait leur principal charme. On se retrouve avec un album truculent de chanson en chanson, en passant par les tubes discos Handshake, Sun, Sleep Alone et les plus rocks Someday et Wake Up, pour finir sur des pistes fascinantes comme Pyramid par exemple. Cet album est un régal pur que, quatre mois après sa  sortie, je continue d’écouter en boucle, accompagné d’un plaisir incomparable tel un mets où toutes les saveurs éclatent en bouche.
  • lana_del_rey__born_to_die_8007_north_626x2nd : Born To Die – Lana Del Rey = Cette fameuse Lana Del Rey, qui en a fait parler plus d’un cette année, est sans concessions LA révélation pop de 2012. A l’automne 2011, la jeune femme se fait remarquer en postant sur la toile son clip home-made de son single Video Games, montrant tour à tour des images hors sujets comme un couple s’embrassant dans un parc, un dessin animé, un mariage qui ne se passe pas comme prévu ou encore Mlle. Del Rey elle-même, chantant devant sa probable webcam. Toutes ces images ont un point commun : elles sont filmées en caméra amateur. Le phénomène est en marche. En enchaînant les records de ventes, les rumeurs et les scandales, oui, Lana fait beaucoup parler d’elle. Son univers bien construit, nostalgique et prenant un certain plaisir à détruire les mythes américains et hollywoodiens est une source de vente, et de charme. Car en parlant de son look tout droit sorti d’un film Lynchéen, on en oublie sa musique qui est, avant tout, d’une grâce et d’une beauté mélancolique incandescente. Loin devant les Rihanna et autres Lady Gaga provocatrices, Lana, elle, se créer un personnage, magnifique et agaçant à la fois. Son album est à son image : sulfureux.
  • sigur_ros_-_valtari3rd : Valtari – Sigur Ros = Après avoir acquis une certaine notoriété outre-Atlantique grâce à ses apparitions sonores dans pas mal de bandes-annonces pour le cinéma (musique instrumentale oblige), Sigur Ros avait  tout pour ne pas devenir célèbre : chantant ses chansons dans une langue inventée de toute pièce et pas tellement accessible à tous, le groupe Finlandais n’a pourtant pas moins de 6 albums à son actif. En se démarquant par un style sorti de nulle part, à la fois mêlant musiques de film et touches new-wave, Sigur Ros n’a rien à envier à sa cousine Björk, entre autres. Ne parlons même pas de leur clips qui sont, à chaque fois, dignes de véritables court-métrages, esthétiques et fascinants. Cet album est encore un tour de force, bien plus que de la musique, une véritable expérience sensorielle contenant autant du rock que de la pop ou des touches de bandes originales.
  • Cosmopolis-by-Howard-Shore-Metric-Benno-20124th : Cosmopolis (Soundtrack) – Howard Shore & Metric = C’est surement la collaboration la plus farfelue de 2012 : le compositeur plusieurs fois nominés aux Oscars pour ses bandes originales monumentales du Seigneur Des Anneaux qui s’allie avec le groupe pop canadien Metric pour donner vie à l’ambiance du film incompris de David Cronenberg, révélant au passage un Robert Pattinson revenue des limbes : Cosmopolis. Sans parler du film, cette BO est un véritable puzzle où se côtoient musiques d’ascenseur, d’ambiance ou encore chansons touchant au rock progressif interprétées par Metric. Deux sont chantées : I Don’t Want To Wake Up qui sonne clairement comme une phrase qu’aurait pu prononcer Eric Paker, ce golden boy descendant une avenue de Manhatthan enfermé dans sa limousine, comme une barrière face au monde qu’il croît comprendre, en pleine ébullition à l’extérieur, ainsi que Long To Live, celle-ci pour clore le film en sorte de révérence à tout ce que l’on vient de voir pour nous laisser sur une fin monumentale. K’naan, qui interprète un rappeur fictif dans le film, s’offre une chanson sur cet album : Mecca, une chanson qu’écoutera d’ailleurs Eric Paker dans sa limousine lors d’une scène. Titre mystérieux pour paroles mystérieuse car coécrites par l’auteur du roman himself, Don DeLillo.
  • tempertrap5th : The Temper Trap – The Temper Trap = Après un 1er album nommé Conditions, le groupe originaire de Melbourne fait son grand retour avec un album éponyme, mélodieux et lyrique. La pochette haute en couleurs donne le ton : on y retrouve de l’électro, du rock, mais surtout de la pop presque disco, ce que le quatuor fait le mieux. L’album s’ouvre sur la partie de synthétiseur de Need Your Love, rejoint par la voix feutrée de Dougy Mandagi. Les morceaux les plus marquants sont sans doutes les cinq qui suivent : l’énervé London’s Burning où le groupe ose prendre comme métronome un discours du 1er Ministre britannique David Cameron en forme de mini-révolution. Les mélancoliques Trembling Hands et The Sea Is Calling suivis par Miracle et This Isn’t Happiness, lamentations frissonnantes teintées d’un esprit 80’s.
  • mark_lanegan_band_blues_funeral-discobus46th : Blues Funeral – Mark Lanegan Band = La première fois que j’ai entendu quelques notes de cet album, ce fut un véritable coup de foudre. Mystérieux et magnétique, Mark Lanegan, multi-instrumentiste américain maintenant bien en âge après avoir pris sous son aile quelques débutants tels que les trois futurs Nirvana. Un ton très Nirvana, garage, est d’ailleurs très présent dans cet album au charme mortuaire, en clin d’oeil à son titre. Car ce Mr. Lanegan, il s’essaye à tout : de la pop dans Gray Goes Black ou encore de l’électro dans Ode To Sad Disco, plus nostalgique qu’il n’y paraît. Mais la meilleure piste reste Bleeding Muddy Water, qui sonne comme un bout de vinyle que l’on viendrait de redécouvrir dans son placard et de dépoussiérer. Car oui, Mark dépoussière la musique d’aujourd’hui.
  • batforlashes-cover-17th : The Haunted Man – Bat For Lashes = Natasha Khan est cette anglaise, née à Brighton, d’origine pakistanaise, née dans une famille de joueurs de squash, à la tête de petite fille débordant de malice. Cette fille c’est la chanteuse de Bat For Lashes, qui pourrait d’ailleurs être son pseudonyme.  Directement encrée dans la mode des voix féminines britanniques aux rythmes médiévaux en 2006 avec son 1er album Fur And Gold, fascinant de chanson en chanson. Elle renouvelle l’expérience en 2009 avec Two Suns, changeant de registre mais de plus en plus chouchoutée par la presse. Et c’est finalement en juillet dernier, que le premier single de The Haunted Man sort, ce single s’appelle Laura et il se trouve être sans doutes l’une des plus belles chansons de 2012. Antithèse à son album, seulement voix + piano, Natasha se révèle être devenue une femme, une grande, mature et sure d’elle. Son album est à son image.
  • 18MONTHS_album-cover_LOW-REZ8th : 18 Months – Calvin Harris = Que fait-on fait pendant 18 mois ? Selon Calvin Harris, on enregistre un album et on fait plein de featurings. Ce DJ écossais révélé en 2007 par son album I Created Disco et en 2009 avec Ready For The Weekend, refait surface avec le featuring et la production de la chanson We Found Love de Rihanna, ce qui n’est pas la plus belle démarche artistique qui soit, soyons d’accord. Et pourtant, son 3ème album 18 Months est savoureux de bout en bout. N’échappant pas à la règle des DJ où un album est automatiquement rempli de collaborations plus ou moins glorieuses, Calvin Harris, lui, s’en sert comme d’une démarque originale pour rendre son album finalement plus éclectique qu’aucun autre en collaborant avec des artistes de tous les styles et de tous les horizons (Florence + The Machine, Example, Ellie Goulding, etc.). Son album sonne comme une envie de s’adapter à tout le monde, à tous les styles, pour donner du plaisir à toute la Terre entière.
  • Imagine-Dragons-300x3009th : Night Visions – Imagine Dragons = Une autre révélation de cette année. Ce quatuor originaire de Las Vegas porte un nom bien trouvé : « Imagine Dragons » est une vraie invitation à l’imaginaire et à un univers fantastique. Lorsqu’on écoute leur 1er LP Night Visions, on ne peut que prédire un bel avenir au groupe qui conquis autant bien la jeunesse que les médias. C’est dans ce genre d’album que l’on comprends que « pop » veut dire « populaire », car oui, ces quatre garçons assument pleinement leur pop-attitude. Le morceau d’ouverture n’en est que plus retentissant : Radioactive est surement la piste la plus grave et profonde (la meilleure) de l’album car le reste comporte plutôt un ton joyeux.  Pop-Pop Pop Music.

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  • 10th : Synthetica – Metric = Et oui, encore Metric. Mais c’est bien parce que c’est eux : dans le secteur depuis 1997 mais pourtant popularisé qu’à partir de 2008-2009 avec leur 3ème album Fantasies, il était temps que Metric revienne. En juin 2012, la partie est relancé avec Synthetica, un album qui porte bien son nom…et sa pochette : synthétique et géométrique au millimètre près, cet album marque l’envie du groupe de s’exporter bien plus loin qu’avant. Plutôt critiqué négativement par les médias, Synthetica a pourtant un côté fascinant mais imparfait, qui fait tout son charme. La voix de la chanteuse Emily Haines y est pour beaucoup : cristalline et roque à la fois, rappelant The Cardigans ou encore Garbage, cette voix est un élément magnétique et un vrai plaisir pour les oreilles.

Coups de coeur oubliés (Top oblige) :

  • Halcyon – Ellie Goulding = Après être apparue sur la scène pop avec un album resplendissant bien nommé Bright Lights, la personnalité lumineuse de la jeune Ellie Goulding ne tarderait pas à faire quelques étincelles. C’est chose faite avec ce Halcyon, plus sombre et mature que le précédent mais toujours porté par cette voix colorée et froide à la fois. Plus du côté De Florence + The Machine que de Kylie Minogue désormais, Halcyon est aussi l’occasion de changer d’ambiance. Savoureux.
  • Babel– Mumford & Sons = Avec un 1er album sensation, N°1 en Angleterre, leur pays natal (ça s’entend clairement), les Mumford & Sons étaient attendus au tournant : moins de ballades acoustiques que dans le précédent mais par un rock’n’roll énervé et particulier qui peut en agacer plus d’un. Dès la première chanson, le ton est donné qui fera suite à un album haut en couleurs pour égayer la grisaille britannique.
  • Shields – Grizzly Bear = Ce qui est impressionnant avec ce groupe New Yorkais, c’est la polyvalence de leurs albums : lorsqu’on écoute un LP signé Grizzly Bear, on a l’impression d’en écouter plusieurs à la fois. Prenez la toute première chanson de l’album par exemple : Sleeping Ute dure 4:36 et durant ces 4 minutes 46 secondes, nous avons l’occasion d’entendre plus qu’une seule chanson, c’est un véritable mini-opéra, lyrique et en plusieurs actes. On s’y perd parfoisun peu d’ailleurs… Malgré tout, Grizzly Bear est en phase de devenir l’un des groupes les plus marquant de sa génération.
  • Come Of Age – The Vaccines = Sorti exactement en même temps que le deuxième album de Two Door Cinema Club, le magazine NME s’est amusé à classer les deux albums : The Vaccines ont gagné la rentrée musicale, leur album n’est pourtant pas si parfait. Il y a deux ans, leur premier album What Did You Expect From The Vaccines ? faisait sensation et rafraîchissait le milieu rock-indie. Come Of Age, comme son nom l’indique, est un appel à la maturité et au calme : la voix est plus posée, les instruments aussi même si les guitares aux sons garage n’ont toujours pas été mises au placard. Et c’est tant mieux d’ailleurs. Toujours charismatique, le groupe The Vaccines continue tranquillement son chemin
  • Happy To You – Miike Snow = Un album très homogène pour un groupe plutôt mystérieux. Rappelant parfois les indés de Other Lives, l’album de Miike Snow est planant et folk, original et aussi complètement barré. On retiendra la magnifique piste The Devil’s Work, atmosphérique et résonnant.
  • Blunderbuss – Jack White = Deux ans après la dernière sortie du duo des White Stripes, un CD Live + un DVD documentaire sur la tournée, le tout nommé Under Great White Northern Lights. Ce live était bien un adieux au duo, désormais séparé. Et pourtant, il y a un survivant : Jack White, qui veut prouver que sa place de Dieu vivant du rock n’est pas encore à prendre. Mettant tous les plus grands derrière lui, Jack se révèle être un incomparable compositeur, interprète, manager, producteur, etc etc … Il y en a beaucoup dans cet album, beaucoup beaucoup. Peut-être trop mais ce n’est jamais pour nous déplaire.
  • Vengeance – Benjamin Biolay = La tête à claque de la chanson lyrique française est de retour. Après La Superbe, ce double album dont tout le monde a parlé, aimé ou détesté, l’heure de La Vengeance a sonné. Ce titre qui sonne comme un point en l’air est bien choisit car complètement à l’opposé de l’album qui est, lui, doux, posé, et, étrangement, souvent tourné en dérision par son propre protagoniste. Cet fois-ci, le « bobo parisien » aime bien les duos, il en fait d’ailleurs beaucoup et avec beauuucoup de monde dans cet album : Vanessa Paradis (sur Profite, magnifique chanson nostalgique et désespérée), Oxmo Puccino, Orelsan, etc… Oui, il en connaît un monde ce Benjamin, et son album est assez impressionnant.

Bref, cette année fut riche en émotions, de toutes sortes et de toutes les horizons. C’est aussi ça la magie de la musique : des sensations sans précédent procurés par un simple coup d’oreilles. Et, tout comme vous, j’espère qu’il en sera toujours ainsi.

Pour ma part, je vous laisse entre de bonnes mains et je vous retrouve le plus vite possible pour mon article de l’heure du Bilan 2012 du côté du Cinéma cette fois, et il se peut que j’ai (surement) beaucoup, beaucoup de choses à vous dire…

Musicalement vôtre, Margot.

Top 10 albums d’Achifi (dans le désordre)

Mika – The Origin Of Love
Breakbot – By Your Side
Professor Green – At Your Inconvenience
Disiz – Extra-Lucide
Totally Enormus Extinct Dinosaurs – Trouble (Lire la chronique)
Para One – Passion (Lire la chronique)
Naive New Beaters – La Onda
Kendrick Lamar – Good Kid, m.A.A.d City
Kimbra – Vows
Lana Del Rey – Born To Die : The Paradise Edition (Lire la chronique)

Trois albums qui m’ont déçue
Muse – The 2nd Law
Tristement bof, quelques morceaux sauvent quand même le tout.
Calvin Harris – 18 Months
Après avoir sorti deux excellents albums, Calvin Harris tombe méchamment dans la dance qui se vend avec facilité, le tout agrémenté de featurings. Dommage …
Crystal Castles – III
Un album qui plane, la voix d’Alice Grass fantomatique …

Top 10 EPs (dans le désordre)
Azealia Banks – 1991
Woodkid – Run Boy Run
Iggy Azalea – Glory
Feadz & Kito – Electric Empire
AlunaGeorge – You Know You Like It
Mr.Oizo – Stade 3
Gesaffelstein – Rise Of Depravity
Icona Pop – Iconic EP
Bromance Records – Lana Del Rey remixes EP
Stupeflip – Terrora!!

3 mixtapes sympa
Iggy Azalea – Trapgold
Naive New Beaters – Tales From La Onda
Azealia Banks – Fantasea

5 Remixes addictifs





Top Clips

M83 – Wait
Woodkid – Run Boy Run / Naive New Beaters – La Onda
Azealia Banks – Atlantis

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